Paris (France) (AFP) – Étoile filante du rock, Jeff Buckley a vécu intensément, tant sa vie que sa musique, comme le souligne la réalisatrice américaine Amy Berg. Son documentaire, qui sort en France ce mercredi, s'attache à révéler la profondeur de cette légende.
Disparu le 29 mai 1997, à l'âge de 30 ans, Buckley laisse un héritage musical marqué par son unique album, l'incontournable "Grace" (1994), célébré par des artistes tels que David Bowie et Radiohead. Avec sa voix envoûtante, il a su créer des balades minimalistes qui sortaient des sentiers battus dans les années 90, époque dominée par le grunge, selon Amy Berg.
Sa célèbre interprétation d'"Hallelujah" de Leonard Cohen a trouvé une nouvelle vie grâce à TikTok, mais une autre composition de "Grace", "Lover, you should've come over", refait aussi surface, s'inscrivant dans les classements américains, près de trois décennies après. Amy Berg déclare : "C'est une légende qui ne meurt pas". Son film, "It's never over, Jeff Buckley", sera également projeté au Royaume-Uni après sa sortie aux États-Unis en 2025.
Berg, connue pour ses œuvres sur des figures comme Janis Joplin, résume son parcours de dix ans pour obtenir les droits sur les archives de l'artiste. Elle a dû convaincre Mary Guibert, la mère de Jeff, de permettre l'utilisation de moments intimes, comme des messages vocaux enregistrés.
Père éloigné, voix intemporelle
Au travers des nombreux témoignages d'ex-partenaires et de collaborateurs toujours touchés par son décès, un portrait d'un homme "authentique et fragile" se dessine. Jeff a, de façon poignante, vécu l'absence de son père, le chanteur Tim Buckley, qui l'a abandonné à sa mère pour se consacrer à sa carrière. Tim est mort d'une overdose à l'âge de 28 ans, et c'est dans une église de Brooklyn, lors d'un hommage à ce père méconnu, que Jeff est découvert en 1991.
Le documentaire offre un trésor d'archives, dont des images d'un concert au "Sin-é", un petit café new-yorkais où Jeff a puisé ses influences variées. De la musique classique à Nina Simone, en passant par Led Zeppelin, il "absorbait tout comme une éponge", souligne Berg, qui rappelle également son interprétation d'"Je n'en connais pas la fin" d'Édith Piaf, qui a fait vibrer le public français.
Malgré les succès, la pression de créer un deuxième album l'épuise. Amy Berg insiste sur le fait que sa mort, bien que tragique, fut accidentelle, comme le confirme l'autopsie qui n’a pas révélé de surdosage.
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