Le procès en appel à Versailles concernant la professeure d'Evaëlle, jeune collégienne de 11 ans qui a tragiquement mis fin à ses jours en 2019, a pris fin mardi matin. La défense a solennellement plaidé pour la relaxe de l'enseignante, accusée de harcèlement scolaire.
« Tout au long de sa carrière, Mme B. a reçu des appréciations élogieuses. Six inspections académiques ont confirmé qu'elle ne laissait aucun élève à la traîne », a déclaré l'avocate de la professeure, Me Marie Roumiantseva.
Elle a accusé l'accusation de présenter un portrait d'une « personne dangereuse et hors de contrôle », évoquant plutôt des « contre-vérités » et un discours assimilable au « trumpisme ».
« Il n'y a pas de crime sans intention criminelle. Le harcèlement moral par négligence n'existe pas ! », a insisté Me Roumiantseva, renouvelant sa demande de relaxe.
Lundi soir, l'avocate générale avait requis 18 mois de prison avec sursis pour l'enseignante, évoquant les témoignages pertinents de camarades d'Evaëlle. Ces derniers avaient révélés l'ambiance tendue dans la classe de 6eE, où l'adolescente était victime de harcèlement.
Evaëlle, décrite comme « précoce » et « atypique », s'est suicidée dans sa chambre à Herblay (Val-d'Oise) en juin 2019. Ses parents se souviennent d'une journée particulièrement douloureuse où, lors de deux séances de vie de classe animées par la professeure, les élèves avaient été invités à expliquer pourquoi Evaëlle se sentait exclue.
Cela a été décrit comme « la pire journée de sa vie » par la jeune fille, qui était en larmes face à l'enseignante en colère.
Initialement relaxée en première instance en avril 2025, la professeure avait échappé à des sanctions, le tribunal de Pontoise ayant jugé que les accusations étaient « discordantes » et que ses comportements étaient liés à l'autorité d'un enseignant.
La cour d'appel de Versailles doit rendre sa décision le 13 avril prochain.







