Deux mois après les premiers rappels de laits pour bébés jugés contaminés, vingt-quatre familles se sont mobilisées pour saisir le tribunal judiciaire de Paris, comme rapporté par Radio France. Ces familles poursuivent l’État ainsi que plusieurs industriels pour notamment mise en danger délibérée, maintien de produits dangereux, blessures involontaires, et entrave à la vérité des faits.
Organisés sous le collectif Intox’Alim, ces parents exigent que les analyses des laits suspectés, produits par les grandes marques telles que Lactalis, Nestlé, et Danone, soient effectuées par un laboratoire indépendant. Pour l'instant, seules deux marques font l'objet d'analyses officielles dans le cadre d'une enquête pénale à Angers et Bordeaux, suite au décès de deux nourrissons ayant consommé du lait Nestlé.
Des analyses confiées à Nestlé, le fabricant
Pour les autres produits suspects, les autorités ont renvoyé les familles vers Nestlé, leur demandant de renvoyer les poudres pour des analyses internes. Ce mécanisme est vivement critiqué puisque le fabricant se retrouve à la fois juge et partie dans ce processus sanitaire. Ce conflit d'intérêt soulève des inquiétudes sur la transparence et la fiabilité des résultats.
La réalité est que l’État semble ne pas avoir d'autres alternatives. Les laboratoires de l’Anses, les seuls capables de déceler la toxine céréulide, font face à des capacités d’analyse limitées. En conséquence, le ministère de l’Agriculture soutient cette procédure, arguant que les analyses par les laboratoires des fabricants sont appropriées tout en affirmant que des expertises officielles pourront être conduites par la suite.
Ce dossier soulève de nombreuses interrogations sur la sécurité alimentaire en France et la capacité des autorités à protéger les plus vulnérables, en particulier les nourrissons. D’après les déclarations d'experts, comme le Dr Pierre Simon, toxicologue à l’Institut national de la santé, "la vigilance est primordiale face à ces produits destinés aux enfants, et seules des analyses impartiales devraient être menées".







