Ce mardi, une nouvelle pétition a franchi le cap des 50 000 signatures en opposition à la récente proposition de loi Duplomb, qui vise à réintroduire des pesticides interdits. Ce débat important se tiendra ce mercredi à l'Assemblée après qu'une pétition précédente a récolté 2,1 millions de signatures.
Déposé par le sénateur Laurent Duplomb, le texte controversé propose l'autorisation de l'utilisation de deux pesticides, l'acétamipride et le flupyradifurone, pour certaines cultures, comme la betterave sucrière et les fruits à coque. Ces propositions sont vivement critiquées par de nombreuses ONG écologistes et des groupes de citoyens, comme le souligne France Bleu.
Dans ce contexte, la pétition intitulée "Non c'est non, Monsieur Duplomb", mise en ligne le 30 janvier, a rapidement attiré l'attention, dépassant les 52 000 signataires. Ludovic Lévy, son auteur, explique qu'il souhaite mettre en lumière l'opposition significative d'une partie de la population face à ces produits jugés nocifs pour la santé publique et la biodiversité.
Mobilisations et soutien scientifique
Parallèlement, le week-end dernier a vu se multiplier les manifestations à travers la France, de Lille à Albi. Un rassemblement est également prévu ce mercredi à Paris, en amont du débat parlementaire. Cette mobilisation est renforcée par le soutien de chercheurs dans les domaines de la biologie et de l'écologie, qui mettent en avant divers rapports concernant les effets nocifs de l'acétamipride sur la santé des pollinisateurs et des humains.
Le sénateur Duplomb, dans une récente interview, a déclaré qu'"aucune étude sérieuse n'a prouvé que cette molécule était cancérigène" et que des agences indépendantes affirment qu'elle ne constitue pas une menace pour l'homme ni pour l'environnement. Ces assertions ont toutefois été accueillies avec scepticisme par de nombreux experts du secteur.
Une pétition record enfin débattue
La première pétition, lancée à l'été 2025, avait déjà fortement contesté la loi Duplomb, convoquant près de 500 000 signatures. Les discussions au sein de l'Assemblée n'ont pas abouti à un vote, mais ont permis d'entendre les préoccupations d'organisations telles que l'Ordre des médecins et la Ligue contre le cancer.
Un débat sans vote mais à fort enjeu politique
Le débat prévu ce mercredi, bien qu'il ne débouche pas sur un vote, est crucial pour la dynamique politique axée sur les préoccupations environnementales. Selon Aurélie Trouvé, députée de La France insoumise, "il est impératif de soutenir la transition agroécologique et de protéger les agriculteurs face à la concurrence", tout en préservant la santé publique.
À la veille de cette discussion, les instigateurs de la nouvelle pétition espèrent galvaniser les citoyens pour que la question des pesticides demeure au cœur du débat public, alors même que l'Assemblée nationale commence à aborder ces problématiques.







