Ce mardi 10 février, le Sénat va examiner une proposition de loi qui vise à lutter contre le phénomène des proxénètes 2.0, en réponse à la croissance des plateformes comme OnlyFans, Mym et Sexemodel. Ce texte, qui suscite de vives discussions, cherche à maîtriser le paysage de la prostitution en ligne, un domaine encore largement non régulé.
1. Qu’est-ce que le « caming » ?
Le caming, bien que récent dans son développement numérique, a pris de l'ampleur durant la pandémie grâce à des sites comme OnlyFans et Mym. Selon l'Agence France-Presse (AFP), ces plateformes permettent aux utilisateurs de créer et de vendre du contenu sexuel, souvent personnalisé.
Cela dit, derrière chaque photo et vidéo se cache une structure commerciale complexe. Des intermédiaires, souvent désignés comme des 'managers' ou 'agents', aident les créateurs à optimiser leurs revenus, mais leur présence soulève des questions sur l'exploitation.
2. Quels dangers pèsent-ils sur les créateurs de contenus ?
La sénatrice Marie Mercier, qui porte le texte, met en lumière les risques potentiels, évoquant les dérives qui pourraient être assimilées à du proxénétisme moderne. Des modèles, y compris des mineurs, peuvent se retrouver dans des situations précaires, où ils sont harcelés ou menacés.
« Ce qui semble être une opportunité peut rapidement devenir un piège », précise-t-elle à l'AFP. Cristin, une créatrice, partage son expérience éprouvante, soulignant la pression et l'exploitation qu'elle a subies.
3. Pourquoi est-il difficile de légiférer ?
Déterminer la meilleure approche pour réguler ces activités est un défi. Faut-il punir les clients, cibler les intermédiaires ou changer les définitions légales autour du proxénétisme, qui ne couvre pas encore les activités virtuelles ? La situation est compliquée par le cadre légal actuel, qui définit la prostitution par le contact physique.
4. En quoi consiste la nouvelle infraction qui pourrait être créée ?
La proposition introduit donc une infraction d''exploitation sexuelle en ligne', punie de jusqu'à sept ans d'emprisonnement. Cette infraction touche les intermédiaires qui recrutent des créateurs pour des contenus sexuels, particulièrement en cas de menaces ou d'abus de vulnérabilité.
5. Pourquoi cette proposition de loi ne fait-elle pas l'unanimité ?
Alors que certains encadrent cette initiative comme essentielle pour sécuriser le numérique, d'autres associations comme le mouvement du Nid critiquent le texte, le jugeant peu ambitieux. Lénaig Le Fouillé s’inquiète de l'absence de mesures contre les acheteurs de services sexuels. Le débat reste vif, chacun cherchant à concilier protection des utilisateurs et lutte contre l'exploitation.







