La première usine française de matériaux actifs de cathode (CAM) a été inaugurée à Dunkerque le vendredi dernier. Ce site, connu sous le nom de Neomat CAM, se destine au marché européen et vise à équiper jusqu'à 500,000 véhicules électriques par an, avec une capacité de production de 40,000 tonnes par an, selon un communiqué officiel. La mise en service est prévue pour fin 2028.
Cette coentreprise, Controlée à 49% par Orano, un acteur majeur du cycle du combustible nucléaire en France, et 51% par le chinois XTC New Energy, a attiré un investissement total de 500 millions d'euros, dont une partie bénéficie du crédit d'impôt pour l'industrie verte (C3IV) en France.
"Le projet comprend également un centre de recherche et développement à Dunkerque, qui sera opérationnel dès le début de la production" a déclaré Philippe Hatron, directeur du programme batteries d'Orano.
Située stratégiquement au sein de la vallée de la batterie française, dans le port de Dunkerque, l'usine prévoit de créer près de 400 emplois directs, dont 90% d’emplois locaux. "Cette usine fait partie intégrante de l'écosystème des batteries, où nos principaux clients sont les gigafactories, dont trois importantes se trouvent dans notre région", a ajouté Philippe Hatron.
10% du marché européen d'ici 2035
Les principaux fabricants de batteries en France sont concentrés dans les Hauts-de-France, incluant ACC (une coentreprise entre Stellantis, Mercedes-Benz et TotalEnergies), AESC (groupe japonais Envision), la start-up Verkor et le groupe taïwanais ProLogium. Si les conditions du marché sont favorables, Neomat CAM envisage de doubler sa capacité de production à 80,000 tonnes annuellement, soit un million de véhicules équipés, représentant ainsi environ 10% du marché européen d'ici 2035, selon les planifications d'Orano.
Le ministre de l'Économie, Roland Lescure, qui a assisté à la pose de la première pierre, a souligné qu'il s'agit d'un élément crucial pour l'électrification : "Ce projet incarne un partenariat fructueux entre la France et l'Europe d’un côté, et la Chine de l’autre, promouvant une collaboration constructive au lieu d'une concurrence stérile".







