La Ministre de la Culture, Catherine Pégard, tente d'apaiser la tempête qui agite le secteur du cinéma français après les récentes déclarations de Maxime Saada, président de Canal+. Ce dernier a exprimé son intention de ne plus collaborer avec les signataires d'une tribune critiquant l'influence de l'extrême droite sur le cinéma.
"Les inquiétudes soulevées par les professionnels sont légitimes. Je prie pour que le dialogue prenne le pas sur les menaces," a-t-elle affirmé lors d'une séance au gouvernement.
Depuis la déclaration de Saada, le collectif Zapper Bolloré a rapporté que plus de 1 000 professionnels supplémentaires ont rejoint la tribune, portant le nombre total de signataires à plus de 2 000, incluant des figures telles que l'acteur Swann Arlaud et l'actrice Juliette Binoche. [source]
"Nous ne devons pas laisser nos industries culturelles être utilisées à des fins politiques," a-t-elle ajouté, dénonçant aussi les auteurs de la tribune, estimant que de telles controverses fragilisent le succès du cinéma français.
"Le cinéma a besoin de Canal+ et Canal+ a besoin du cinéma"
Canal+, dirigé par Vincent Bolloré, joue un rôle crucial dans le paysage cinématographique français. En 2026, le groupe prévoit d’investir 160 millions d’euros dans la production cinématographique, et est derrière 49 films présentés à Cannes, dont 13 en compétition.[source]
Martin Ajdari, président de l'Arcom, a exprimé le souhait d'une désescalade, affirmant qu"il est essentiel que les acteurs du secteur dialoguent, surtout après cette montée des tensions". Il a déclaré avec conviction : "Le cinéma a besoin de Canal+ et Canal+ a besoin du cinéma". En parallèle, la Société des réalisateurs et réalisatrices de films (SRF), qui regroupe 500 cinéastes, a proposé une médiation entre les signataires et les équipes de Canal+.
La SRF, dont le vice-président est le réalisateur Cédric Klapisch, s'est désolidarisée de toute mise à l'écart de ceux qui expriment leur inquiétude, tout en reconnaissant que Canal+ a toujours veillé à la liberté de création.
Une éventuelle "liste noire" suscite l'inquiétude
La possibilité d'une "liste noire" dressée par Canal+ a été largement débattue. L'actrice Adèle Exarchopoulos, dont le film "Garance" est en lice pour la Palme d’or, a exprimé son inquiétude : "Avoir peur de perdre son emploi pour avoir exprimé une inquiétude collective est inacceptable."
Alain Attal, producteur reconnu, a quant à lui évoqué "un formidable gâchis", regrettant que la réaction de Saada pourrait créer un climat de méfiance. "Canal+ soutient la diversité, mais cette situation est délicate," a-t-il ajouté.
Avant la prise de parole de Saada, la tribune n'avait pas suscité beaucoup de réactions, bon nombre de professionnels n’ayant pas perçu de changement idéologique chez Canal+.







