A Rennes, nombreux sont ceux qui connaissent la voix et la guitare de Rodrigue Pailhès, un artiste de rue qui anime la célèbre rue Le Bastard depuis plus de trente ans. Interprète de grands classiques de la chanson française, il a récemment exprimé sa frustration face à un nouvel arrêté municipal qui lui impose de nouvelles restrictions. Selon ce texte, il est désormais interdit de se produire deux fois au même endroit au cours d'une journée, et les artistes doivent se déplacer tous les 200 mètres au lieu de 100. "Avant, je pouvais alterner entre plusieurs emplacements dans la même journée, mais désormais, je ne peux plus donner qu'une seule performance", regrette Rodrigue.
Ce musicien, qui a fait de la rue son lieu de travail, estime que cette réglementation le vise directement. "J'ai appris la nouvelle de l'arrêté par la presse, sans aucun contact de la mairie. Après des plaintes de commerçants et d'habitants, il semble que des décisions soient prises sans concertation", souligne-t-il, en citant son expérience dans l’article de Ouest-France.
Des plaintes de riverains ?
Contactée, la mairie de Rennes a reconnu avoir reçu plusieurs signalements concernant les nuisances sonores causées par cette musique répétée aux mêmes emplacements. Cependant, le nombre exact de plaintes demeure flou. En réaction, Rodrigue Pailhès a lancé une pétition en ligne pour tenter d’annuler l’arrêté. Bien que les résultats soient limités pour l'instant, il reçoit de nombreux messages de soutien de passants qui apprécient l'animation de leur ville.
"La culture musicale fait partie de l'identité de Rennes, une ville réputée pour sa richesse artistique. Il y a toujours eu des mécontents, mais il est surprenant de voir la mairie privilégier leurs plaintes en restreignant notre expression", s'insurge l'artiste, qui appelle à une concertation entre artistes et autorités.
Une verbalisation à venir ?
Adopté le 4 mai dernier, ce nouveau règlement est déjà actif. La police municipale a rapidement rappelé à Rodrigue qu'il devait se conformer. "On m’a informé que des amendes sont à prévoir si je ne respecte pas ces nouvelles règles. Chanter dans la rue, c’est mon métier, je suis passionné par cela et je ne veux pas renoncer", plaide Rodrigue. La ville souhaite ainsi "harmoniser les activités des artistes de rue avec le quotidien des habitants et des commerces", mais pour Rodrigue, il n’est pas question de laisser béton cette passion qui fait vibrer Rennes.







