Alors qu'une majorité des citoyens plébiscitent une réduction de l'espace dédié à la voiture dans les grandes métropoles, ils expriment une forte réticence dans les villes moyennes et petites, voire dans leur propre localité, d'après un sondage commandé par la Fondation Jean-Jaurès. Cette étude, qui a interrogé 1500 individus, met en lumière des divergences marquées selon les catégories sociales, géographiques et d'âge.
Les politiques visant à diminuer la place de la voiture en milieu urbain sont perçues comme bénéfiques pour la qualité de l'air et la réduction des nuisances sonores par 70% des participants. Cependant, la vitalité des commerces et l'attrait des centres-villes semblent peser davantage dans la balance pour de nombreux Français. Ainsi, 55% des sondés soutiennent ces politiques dans les grandes agglomérations, tandis que 45% s'y opposent. Les jeunes (73%), les habitants de la région parisienne (62%) et ceux sans véhicule (69%) représentent le cœur des partisans, alors que les retraités (50%) et les habitants des zones rurales (49%) se montrent souvent critiques, tout comme les conducteurs réguliers (50% d'opposition).
Dans les villes de taille moyenne, 57% des Français désapprouvent ces mesures, une opposition qui s'accentue pour les petites villes avec un score atteignant 73%. Les réticences sont amplifiées par des préoccupations pratiques relatives aux alternatives de transport.
Ce débat met aussi en avant l'importance de l'attractivité des centres-villes, souvent privilégiée par les Français au détriment des préoccupations écologiques. En effet, la Fondation Jean-Jaurès souligne que « entre écologie et commerce, les Français tranchent en faveur du commerce », une tendance observée même au sein de l'agglomération parisienne. Les mesures punitives, telles que les restrictions de stationnement, sont largement rejetées par 75% des sondés.
Bien que 47% d'entre eux estiment qu'il est essentiel de continuer dans cette voie de réduction de l'espace automobile, ils plaident pour un dialogue renforcé, 42% appelant plutôt à ralentir ou suspendre ces initiatives.
Sondage réalisé auprès de 1500 Français de 18 ans et plus, interrogés en ligne du 23 au 27 octobre 2025 selon la méthode des quotas.







