Le journal Le Monde dévoile en avant-première des extraits du livre Et la joie de vivre de Gisèle Pelicot, coécrit avec la journaliste et romancière Judith Perrignon. Ce livre, qui sortira le 17 février prochain chez Flammarion, revient sur l'affaire des viols de Mazan, un sujet sensible qui a marqué l'opinion publique.
Dans des passages poignants, Gisèle Pelicot, devenue symbole de la lutte contre les violences faites aux femmes, décrit des moments clés de cette affaire. Elle évoque la peur et l'horreur qu'elle a ressenties après avoir découvert que son mari, Dominique Pelicot, l'avait droguée pour qu'elle soit victime d'une cinquantaine d'agresseurs. "Mon cerveau s’est arrêté dans le bureau du sous-brigadier Perret", confie-t-elle, expliquant comment cette révélation a radicalement changé sa vie.
Initialement venue pour discuter d'accusations plus légères, elle se retrouve face à une réalité inimaginable : la photo d'elle en train d'être abusée, qu'elle ne reconnaît pas. "Je me voyais comme une poupée de chiffon", dit-elle, illustrant la distance qu'elle ressentait par rapport à cette expérience traumatisante.
La découverte d'un mari prédateur
Gisèle raconte sa stupéfaction en apprenant que son ex-mari était impliqué dans d'autres affaires criminelles, incluant tentative de viol et meurtre. "Chaque mot qu’il allait prononcer allait finir de déchirer ma vie", se souvient-elle. Elle ajoute : "J’étais désarticulée, rongée de honte, une femme stupide qui s’était laissé manipuler." Cette introspection est à la fois déchirante et révélatrice.
"J’avais le souffle court. Le buste si raide qu’il en devenait douloureux"
Gisèle Pelicot dans Et la joie de vivre
Au moment du procès, où 51 co-accusés sont jugés, Gisèle explique avoir hésité à choisir un huis clos. "La porte fermée du tribunal me laissait seule face à eux", confesse-t-elle. À cette époque, elle réalise que les regards pèsent lourdement sur les femmes. "Si j’avais eu vingt ans de moins, je n’aurais peut-être pas osé", admet-elle, exprimant le poids de la société sur son choix.
Gisèle Pelicot aspire à ce que "la honte change de camp". Son témoignage est une pierre angulaire pour prolonger cette initiative. Le livre sera traduit dans plusieurs langues, et sa version américaine, A Hymn to Life, sera lancée dans le monde entier, promettant de toucher encore plus de lecteurs. À mesure que son histoire sera partagée, elle espère inspirer d'autres femmes à se libérer du poids du silence.







