Lors de la Conférence de sécurité à Munich, Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, a affirmé que l'UE doit "passer à la vitesse supérieure" en matière de défense. Face à un allié américain de moins en moins fiable, elle a insisté sur la nécessité pour l'Europe d'assumer pleinement ses responsabilités sécuritaires.
"La sécurité de l'Europe n'a pas toujours été notre priorité", a-t-elle déclaré, soulignant le changement fondamental dans cette perception. Elle a précisé qu'une Europe forte entraînerait également un renforcement de l'alliance transatlantique.
Pour atteindre cet objectif, von der Leyen a appelé à la levée de certains "tabous", notamment en ce qui concerne l'application de la clause de défense mutuelle, qui oblige les membres de l'UE à se défendre en cas d'agression. Selon elle, il est temps de donner vie à cette clause, inscrite dans les traités européens.
Ce discours s'inscrit dans un contexte de réarmement en cours, la France et d'autres nations de l'UE cherchant à établir des capacités de défense crédibles d'ici 2030, en réponse aux menaces de Donald Trump concernant l'OTAN et aux tensions croissantes avec la Russie. Comme l'indique Le Monde, cette initiative est essentielle pour garantir la souveraineté européenne face aux défis géopolitiques actuels.
Des experts en stratégie de défense s'accordent à dire que l'Europe doit non seulement investir davantage dans ses capacités militaires, mais aussi renforcer la coopération entre les États membres. Jean-Luc Domenach, spécialiste de la défense à l'IRIS, souligne que "l'autonomie stratégique est devenue incontournable face à un monde multipolaire et incertain".







