Ce samedi 14 février, Keir Starmer a appelé l'Europe, que certains décrivent comme un "géant endormi", à diminuer sa "surdépendance" envers les États-Unis en matière d'armement, en favorisant une coopération industrielle renforcée dans son discours à la Conférence sur la sécurité à Munich.
Tout en reconnaissant que les États-Unis demeurent un allié incontournable, Starmer a insisté sur la nécessité pour l'Europe d'évoluer vers une "interdépendance", en raison de l'évolution constante de la stratégie sécuritaire américaine. Son discours, préalablement diffusé par Downing Street, souligne le besoin d'un partage des responsabilités sans envisager une réduction du soutien américain envers l'Europe.
"Nous voulons apporter à l'Europe notre leadership"
Rappelant les critiques formulées par Donald Trump à l'égard des pays européens qui dépendent des dépenses militaires américaines, Starmer a mis en exergue l'importance d'une coopération industrielle européenne accrue, intégrant pleinement les industriels britanniques.
Il a affirmé: "Nous voulons apporter à l'Europe notre leadership en matière de défense, d'intelligence artificielle et de technologies, afin de multiplier nos forces". Il a également souligné que l'Europe dispose d'un potentiel défensif considérable, mais que la "planification fragmentée" et des "processus d'acquisition inefficaces" en entravent l'efficacité.
Londres s'engage à augmenter ses dépenses de défense d'ici 2035
Depuis son accession au pouvoir en juillet 2024, Starmer a soutenu un rapprochement économique avec l'Union européenne, dans l'espoir de revitaliser l'économie britannique. Il co-préside une coalition avec Emmanuel Macron, dédiée à soutenir l'Ukraine dans son conflit avec la Russie, et exprime fréquemment le besoin d'une collaboration défensive renforcée.
Malgré ces efforts, Londres a rencontré des obstacles en fin 2025 lors de discussions avec Bruxelles concernant la participation britannique au programme d'aide à l'industrie de défense en Europe, intitulé Safe, d'une valeur de 150 milliards d'euros. Les négociations ont échoué à cause des conditions financières jugées excessives par le Royaume-Uni.
Londres a toutefois déclaré son intention d'augmenter ses dépenses de défense à 3,5% du PIB d'ici 2035, conformément à l'objectif fixé par l'OTAN, témoignant ainsi d'une volonté de renforcer sa posture sécuritaire dans un contexte géopolitique complexe.







