La découverte de deux corps supplémentaires jeudi a tragiquement porté le bilan de la collision de dimanche soir en Andalousie à 45 victimes, laissant présager que ce chiffre pourrait être définitif.
Un représentant des services de secours d'Andalousie a déclaré à l'AFP : "En théorie, il s'agit des deux personnes disparues signalées par leurs proches." En effet, 45 signalements avaient été reçus, mais jusqu'à présent, seules 43 dépouilles avaient été récupérées des débris des deux trains à Adamuz, qui circulaient à plus de 200 km/h.
Les derniers corps ont été retrouvés dans une des voitures du train de la Renfe, percuté par trois wagons de l'opérateur Iryo, qui se sont déportés sur sa voie après avoir déraillé.
Depuis plusieurs jours, des équipes de secours s'affairent sur le site pour dégager et couper la ferraille afin de retrouver d'autres victimes encastrées dans les wagons.
Le dernier bilan de l'Institut médico-légal indiquait que 28 corps se trouvaient dans le train de la Renfe, six sur les voies et six dans le train Iryo, tandis que trois autres étaient localisés "entre les deux trains". Parmi les disparus, 22 étaient des femmes et 23 des hommes, dont la majorité étaient espagnols, mais aussi un Allemand, un Marocain et un Russe.
- Une enquête "complexe" -
Les autorités doivent maintenant élucider les causes de cette tragédie, dont l'origine demeure incertaine. D'après des informations relayées par des médias espagnols, l'enquête, qui exclut l'hypothèse d'un sabotage, est axée sur une rupture d'un rail mesurant plus de 30 centimètres à l'endroit de l'accident.
Des journaux ont également évoqué un "bogie" trouvé dans un cours d'eau à proximité. Le ministre des Transports, Óscar Puente, a déclaré qu'il s'agissait d'une "enquête complexe nécessitant du temps et une analyse minutieuse de tous les éléments, y compris l'infrastructure, le matériel et les conditions d'exploitation".
Il a fermement défendu le réseau ferroviaire espagnol, regrettant que les récents événements ternissent l'image de ce système de transport, déjà affecté par un autre accident mardi à Gelida, en Catalogne, faisant un mort et 37 blessés lorsqu'un train a heurté un mur de soutènement effondré à la suite de forte pluies.
- "Point d'inflexion" -
Jeudi, encore un accident s'est produit lorsqu'un train de banlieue a été percuté par un camion-grue à Carthagène, causant des blessures légères, maintenant la pression sur le gouvernement de Pedro Sánchez et sur le ministre des Transports.
Le syndicat des conducteurs de train, le Semaf, a qualifié les récents accidents d'"un point d'inflexion" et a annoncé une grève de trois jours les 9, 10 et 11 février pour réclamer des réformes visant à garantir la sécurité des opérations ferroviaires. Ils reprochent à la direction de ne pas avoir pris en compte les nombreux rapports sur le mauvais état de certaines sections du réseau.







