Le jeudi marquait un tournant préoccupant pour la liberté de la presse aux Philippines, alors qu'une jeune journaliste, Frenchie Cumpio, âgée de 26 ans, a été condamnée à une peine de 12 ans de prison. Accusée d'avoir financé l'insurrection communiste, son cas est décrit comme une "parodie de justice" par plusieurs observateurs, y compris un rapporteur de l'ONU.
Cumpio, animatrice de radio, et son ancienne colocataire, Marielle Domequil, ont été touchées par l'émotion lorsque la juge Georgina Uy Perez a annoncé leur condamnation pour des délits allant de la fourniture de financement à la Nouvelle Armée Populaire (NAP), un groupe armé issu de la lutte communiste aux Philippines.
La décision du tribunal s'appuie sur des témoignages d'anciens rebelles, affirmant que les femmes auraient fourni de l'argent, des armes et d'autres ressources. Cependant, Cumpio et ses avocats soutiennent que ces accusations sont infondées et qu'elles font partie d'une stratégie du gouvernement de Ferdinand Marcos Jr. pour réduire au silence ses opposants politiques.
Me Norberto Robel, l'avocat de Cumpio, a annoncé qu'ils allaient interjeter appel, déclarant : "Nous avons encore des voies de recours et une demande de libération sous caution est en cours d'examen." Dans un élan de soutien, la mère de Frenchie, Lala, s'est effondrée devant le palais de justice en apprenant la décision.
Arrestées en février 2020 pour possession illégale d'armes, les deux femmes avaient initialement été acquittées sur cette accusation. Toutefois, le chef d'accusation de financement du terrorisme a été ajouté plus tard, entraînant des peines de 40 ans de réclusion. Cette affaire prend une ampleur international, étant suivie de près par des organisations telles que la Clooney Foundation for Justice, qui expriment leur préoccupation face à l'absence de progrès dans cette affaire.
Amal Clooney, avocate reconnue, a dénoncé les retards dans le traitement du dossier, tandis que Beh Lih Yi, directrice pour l'Asie-Pacifique du Comité pour la protection des journalistes (CPJ), a qualifié le verdict de "absurde", soulignant que les engagements de Marcos Jr. en faveur de la protection de la liberté de la presse ne se matérialisent pas.
Irene Khan, rapporteuse spéciale des Nations unies, a également fustigé ce verdict, qu'elle voit comme une "mesure de représailles" à l'encontre de Cumpio pour son engagement journalistique. Les événements autour de cette affaire soulignent l'urgence de protéger la liberté d'expression au pays, alors que la communauté internationale continue de porter un regard critique sur ces violations.







