Plongée dans l'ambiance festive du dimanche matin.
Le brunch du dimanche matin est un rendez-vous plein de surprises. À travers le monde, chacun l'interprète à sa manière. Certains préfèrent un moment de prière, d'autres choisissent de se reposer sous une couette chaleureuse. Pour ceux qui ont les moyens, la tradition veut que l'on se retrouve dans le palace local. Les lieux sont animés, presque comme une brasserie. On croise de tout : des célibataires, des familles en quête d'un moment ensemble, des noctambules aux cernes marquées, et les résidents du palace qui sortent doucement de leur nuit. Tout cela crée une atmosphère délicieusement chaotique.
Nous avons donc choisi de nous rendre au Trianon Palace à Versailles. L'endroit impressionne dès l'arrivée, la galerie boisée est élégante, et un visage familier est souvent aperçu (ce matin, nous avons croisé Bertrand Burgalat et Vanessa Seward, la directrice artistique de la maison Azzaro). On se croirait dans un magazine de mode, où la vie semble se dérouler sous une lumière idéale : détails raffinés, convives élégants, voituriers en uniforme. Des petites filles, habillées avec soin, se déplacent avec une énergie débordante, tout en étant soutenues par des mamans décontractées en jeans, qui passent la main sur les épaules de leurs maris, visiblement fatigués.
Le brunch est proposé à un tarif de 55 €, boissons en sus. Autour du buffet, les convives s'agglutinent avec une certaine gêne, un peu comme dans un supermarché. Les amateurs de régimes seront ravis : l'offre culinaire est minimaliste. On trouve des verrines peu appétissantes, avec des combinaisons audacieuses comme des gambas laquées sur un lit de laitue. Les fruits sont proposés dans des coques en plastique, et le cappuccino arrive tiède, tandis que le jus de pommes laisse à désirer, pour le moins insipide.
Cependant, l'ambiance reste conviviale, et la flemme l'emporte sur les critiques. Des enfants courent, l'un d'eux essuie ses mains sur les rideaux, tandis que les grands-mères échangent des propos d'un autre temps. Les légumes se languissent dans le wok, et la mousse au chocolat peine à rester en place sur son lit biscuité. À l'extérieur, le temps est clément, et le retour en taxi est ponctué de rires. Puis, l'angoisse s'installe lorsque nous réalisons que nous avons laissé nos valises sur le parvis du palace.







