Le mercredi, Marine Le Pen a défendu sans relâche la "bonne foi" du Rassemblement national, anciennement Front national, devant la cour d'appel de Paris, lors de son procès concernant l'emploi d'assistants d'eurodéputés. Ce procès soulève des enjeux cruciales qui dépassent la simple défense personnelle.
En interrogeant la rigueur de la présentation de son dossier, elle a déclaré : "Pourquoi, en tant que personnes rigoureuses, n'avons-nous pas respecté les standards ?" Pour elle, la réponse est claire : "Nous agissons de bonne foi. "
Ce thème de la bonne foi est au cœur de sa défense, qui s'inscrit dans la continuité de ses déclarations précédentes concernant l'absence d'intention malveillante. La justice lui reproche, ainsi qu'à d'autres membres du RN, d'avoir utilisé, entre 2004 et 2016, des fonds du Parlement européen pour rémunérer des assistants dont les activités auraient bénéficié exclusivement au parti.
Marine Le Pen a reconnu qu'il y a effectivement eu des erreurs, mais elle a également accusé le manque d'informations émanant du Parlement européen, déclarant que "l'administration était plus tolérante à l'époque". Elle a martelé que les règles en vigueur n'étaient pas aussi strictes qu'aujourd'hui, pointant ainsi du doigt un système institutionnel qu'elle perçoit comme a priori favorable à ses adversaires. Le Monde rapporte ses propos : "Des règles immuables ? Ce n'était pas le cas !"
La présidente de la cour d'appel, Michèle Agi, a réagi aux explications de Le Pen en rappelant son statut d'avocate, soulignant la complexité des contrats en jeu. En réponse, Le Pen a fait valoir que son équipe faisait face à des obstacles considération à la venue d'autres groupes politiques, ayant établit un "cordon sanitaire" contre sa formation d'extrême droite. C'était, selon elle, une manœuvre délibérée pour l'isolé dans les affaires politiques. "On nous a réduits à une fonction tribunitienne", a-t-elle ajouté.
Face à des questions pointues de la cour, elle a essayé de maintenir un certain calme, bien que des signes d'irritation aient parfois transpercé. Le temps écoulé rend la preuve de sa bonne foi particulièrement difficile, surtout après plus de vingt ans. "Comment prouver l'impossible ?", s'est-elle exclamée. De plus, des cas comme celui de son assistante Catherine Griset, qui a travaillé à Bruxelles tout en ayant un bureau à Paris, ne faisaient qu'épaissir le dossier.
Elle a également répondu aux critiques sur un autre de ses collaborateurs, Julien Odoul, déclaré comme "conseiller spécial" alors que son rôle semblait plus subtil. Les avocats de l'accusation n'ont pas manqué de souligner. "C'est un sourire d'un salarié clandestin !", a commenté un des avocats. Cela a alors mis Le Pen face à des accusations qu'elle a réfutées avec véhémence, proclamant qu'elle n'a jamais donné de consignes d'embauche spécifiques.
Interrogée sur la gestion de son père, Jean-Marie Le Pen, elle a admis que son père avait une approche différente, mais chacune des décisions était autonome au sein du parti. Elle a par ailleurs mentionné : "Je n'ai jamais eu la volonté d'utiliser entièrement les ressources de l'Union européenne".
Ce procès, qui se poursuivra jusqu'au 11 février, est plus qu'une simple affaire judiciaire; il est révélateur d'une lutte politique profonde qui continue de diviser la société française.







