Une foule émue et enthousiaste a célébré mercredi devant le Parlement européen à Strasbourg après que les eurodéputés aient décidé de solliciter la Cour de justice de l'Union européenne sur l'accord commercial signé avec le Mercosur. "C'est le bonheur total", a déclaré Romain Blanchard, un viticulteur des Bouches-du-Rhône, partageant l'excitation générale.
"On s'est battus et ça a marché! Ça montre qu'il ne faut jamais abandonner", a ajouté Sébastien Bertin, un maraîcher de 32 ans, qui se décrit comme ravi de cette victoire.
Avec un vote passé à dix voix près, cette décision reflète l'importance de la mobilisation des agriculteurs, qui ont parcouru des milliers de kilomètres pour se faire entendre. "Nous avons fait neuf heures de route, laissant nos fermes et nos familles pour être là", a partagés des agriculteurs, émus par l'issue du scrutin.
Pas moins de 5 000 manifestants, dont des agriculteurs de France, d'Italie et de Belgique, ont convergé vers Strasbourg à bord de centaines de tracteurs, exprimant ainsi leur colère contre Ursula von der Leyen, la présidente de la Commission européenne. Ils considèrent l'accord actuel comme un risque majeur pour l'agriculture européenne. D'après des analyses, cet accord pourrait entraîner des importations massives de produits en provenance de l'Amérique du Sud, jugés moins compétitifs en termes de qualité et de prix.
Alice Avisse, agricultrice dans l'Oise, s'inquiète des conséquences potentielles de ce traité : "Nous craignons des importations excessives qui pourraient déstabiliser notre marché, car les conditions de production ne sont pas les mêmes ici qu'en Amérique du Sud." Elle admet que ce vote est une première victoire, mais souligne qu'il ne s'agit que d'une étape dans un combat plus large.
La saisine de la justice pourrait retarder la ratification de l'accord, bien que la Commission européenne puisse, si elle le souhaite, en activer l'application provisoire. Christophe Chambon, secrétaire général adjoint de la FNSEA, a déclaré qu'il s'agit d'un "début de victoire", réaffirmant l'engagement des agriculteurs à poursuivre leur combat pour la protection de l'agriculture française.







