Lise Abou Mansour
L'essentiel
- Depuis trois ans, une équipe du CHU de Lille travaille sur un stérilet masculin, appelé Steom.
- « Le dispositif est implanté sous anesthésie locale au niveau du scrotum », précise Dominique Prasivoravong, directeur du projet.
- Une commercialisation pourrait être envisagée à partir de 2033, après les essais nécessaires.
Les méthodes contraceptives pour les femmes sont nombreuses, mais celles destinées aux hommes restent limitées. À part les préservatifs et la vasectomie, il n'existe pas d'options reconnues sur le marché. Les dispositifs tels que le slip thermique ont échoué à obtenir des approbations faute d'études concluantes sur leur sécurité.
Un nouvel appareil, le Steom, pourrait toutefois changer la situation. Ce stérilet masculin, en cours de développement depuis plus de trois ans au CHU de Lille, devrait passer par plusieurs phases d’essais, notamment sur des animaux, avant une mise sur le marché envisagée pour 2033. Cette innovation est portée par l'andrologue Julie Prasivoravong et le docteur en biomécanique Jessica Schiro, ainsi que Dominique Prasivoravong, frère de l'andrologue.
Implanté au niveau du scrotum
Ce dispositif adopte un principe similaire à celui du stérilet féminin, conçu spécifiquement pour l'anatomie masculine. « Le stérilet sera inséré dans le scrotum par une petite incision sous anesthésie locale », explique Dominique Prasivoravong. L'intention est de bloquer les canaux déférents, empêchant ainsi le passage des spermatozoïdes, tout en préservant la production de spermatozoïdes. Cela signifie que si le stérilet est retiré, la fertilité est rapidement retrouvée.
La procédure d'insertion devrait durer environ quinze minutes sans hospitalisation et pourra rester en place pendant trois ans. Cependant, l'efficacité ne sera confirmée qu'après un spermogramme effectué trois mois après la pose, permettant d'évaluer son action, car la fertilité des hommes peut persister un certain temps après l'opération.
Pas commercialisé avant 2033
Le dispositif a été breveté en 2025 après trois ans de prototypes et se trouve actuellement en phase d'essai préclinique. Des tests sont en cours sur des animaux pour établir l'efficacité, la sécurité, et l'absence d'effets secondaires sur la fertilité et la sexualité. Si tout se passe bien, les essais humains pourraient commencer en 2029 ou 2030.
« Chaque jour, nous recevons des messages d'hommes intéressés à participer à l'essai clinique », assure Dominique Prasivoravong, convaincu qu'il existe une vraie demande pour la maîtrise de la fertilité masculine et une répartition équitable de la responsabilité contraceptive au sein des couples.







