En réponse à l'augmentation fulgurante des prix de l'essence due aux tensions géopolitiques au Moyen-Orient, TotalEnergies a annoncé hier le maintien de son plafond tarifaire sur les carburants pour tout le mois de juin. Cette initiative s'applique à l'ensemble de ses 3 300 stations-service en France, selon un communiqué rendu public le 27 mai.
Les consommateurs peuvent se réjouir : les prix de l'essence resteront bloqués à 1,99 euro le litre, tandis que le diesel sera fixé à 2,25 euros. Ce plafonnement sera maintenu "tant que la crise durera".
Parallèlement, lors des week-ends des 30 et 31 mai ainsi que des 20 et 21 juin, les prix seront encore plus avantageux. L'essence continuera d'être proposée à 1,99 euro le litre, et le diesel à 2,09 euros. Cette mesure s'inscrit dans la continuité des initiatives précédentes prises en mai.
Les réactions à cette décision sont variées. Le ministre de l'Économie, Roland Lescure, a indiqué sur BFMTV : "Il est indéniable que Total va gagner beaucoup d’argent dans cette crise. Ils produisent et raffinent le pétrole en France, il est donc juste qu’ils redonnent une partie de ce bénéfice en bloquant les prix." Lescure a salué cette initiative, la qualifiant de "bienvenue" et soulignant l’importance de l’action de TotalEnergies dans le contexte actuel.
En revanche, cette politique tarifaire suscite des inquiétudes parmi les distributeurs de carburants indépendants. Ils estiment que cette stratégie, rendue possible grâce à la rentabilité de TotalEnergies dans le raffinage, crée une distorsion de concurrence. La Fédération française des combustibles, carburants et chauffage a d'ores et déjà annoncé son intention de saisir l’Autorité de la concurrence pour "abus de position dominante".
Ces tensions sur le marché de l'énergie ne sont pas à prendre à la légère. Le 18 mai dernier, le prix moyen du sans-plomb a franchi le seuil des 2 euros par litre, tandis que le gazole a atteint les 2,16 euros, représentant ainsi une hausse respective de 33 et 44 centimes depuis le début de mars. La situation reste tendue et les conséquences sur le pouvoir d'achat des automobilistes sont à surveiller de près.







