La France insoumise (LFI), fondée en 2016, est désormais classée pour la première fois comme un parti d'extrême gauche dans une circulaire émise par le ministère de l'intérieur, concernant l'attribution des nuances pour les municipales. Cette classification suscite des réactions nombreuses au sein du paysage politique français.
Olivier Faure, premier secrétaire du Parti socialiste, a déclaré qu'il trouvait « pas juste » ce classement, le qualifiant de politiquement incorrect. Lors d'une interview sur France 3, il a précisé : « Je ne pense pas que ça change grand-chose au résultat », tout en dénonçant des tentatives de « dédiaboliser l’extrême droite » en transférant ce stigmate à la gauche radicale.
Eric Coquerel dénonce « un délit d’opposition »
Eric Coquerel, député de LFI, a qualifié cette démarche de « délit d’opposition ». Il a exprimé dans l'émission « Questions politiques » que la qualification doit se fonder sur l'historique et le programme d'un mouvement. Selon lui, il est injuste que LFI soit stigmatisée alors qu'elle oeuvre par les urnes.
Le coordinateur de LFI, Manuel Bompard, a évoqué l'éventualité d'un recours devant le Conseil d’Etat, mettant en lumière l'importance de cette étiquette qui, selon lui, pourrait galvauder l'image du parti. Jean-Luc Mélenchon, figure de proue de LFI, rejette constamment cette qualification, qu'il juge comme une tentative de le comparer à des formations d'extrême droite.
Laurent Nuñez assume « totalement »
Du côté du gouvernement, le ministre de l’intérieur, Laurent Nuñez, défend sa position en arguant que LFI fait preuve d'un « refus de la discussion parlementaire » et continue de réclamer des motions de censure. Ce classement fait écho à des propos récents d'Olivier Faure qui a accusé certains acteurs politiques de vouloir « réintégrer dans l’arc républicain l’extrême droite pour mieux en exclure la gauche radicale ».
Cette situation expose des fractures croissantes au sein de la politique française, alors que les tensions entre partis traditionnels et nouveaux mouvements continuent de se creuser, laissant présager des débats passionnés à l'approche des prochaines élections.







