Invité sur RTL, le garde des Sceaux, Gérald Darmanin, a affirmé qu'il renoncerait à ses congés d'été pour se concentrer sur la réforme de la justice, mise à mal par la tragédie survenue en mai dernier, impliquant la jeune Lyhanna. Ce décès a mis en lumière des défaillances graves au sein de la juridiction française.
Le ministre, réagissant à la détresse provoquée par la mort de Lyhanna, devenue le visage des violences faites aux enfants, a mentionné qu'un rapport de l'Inspection générale de la gendarmerie (IGGN) et de l'Inspection générale de la justice (IGJ) avait fait état d'une « gestion défaillante » des procédures judiciaires. Il a été révélé que le principal suspect, Jérôme Barella, a échappé à la justice malgré plusieurs signalements, dont une plainte pour viol déposée en août par la mère d'une autre victime.
Selon le rapport, les documents concernant l'affaire ont été mal gérés, transités par voie postale et finalement égarés, ce qui a permis à Barella de rester en liberté. La situation a provoqué un tollé général et une réponse immédiate de la part du ministre, qui a promis d'engager des réformes structurelles.
Darmanin a donc décidé de se consacrer à la modernisation de la justice, soulignant son caractère désuet, le qualifiant de « préhistoire numérique ». « Nous devons entreprendre une refonte des méthodes de travail », a-t-il déclaré. Le ministre a souligné l'importance de numériser les procédures, pour alléger le poids des documents papier qui entravent l'efficacité du système judiciaire.
En garantissant que son équipe travaillerait « tous les jours » pour mener à bien cette transformation, il a précisé qu'il cherche à réduire de 30 % le volume de documents physiques manipulés dans les procédures judiciaires. « Au moment de l'IA, il ne faut pas répondre en ramettes de papier », a-t-il insisté, appelant à une mutation profonde des pratiques judiciaires.
Selon plusieurs experts interrogés, ces changements sont cruciaux pour restaurer la confiance du public dans le système judiciaire. Jean-Pierre Bacqué, ancien magistrat, souligne que « la révolution numérique est indispensable pour garantir un suivi rigoureux des affaires judiciaires ».
Gérald Darmanin s'inscrit ainsi dans une continuité de réforme initiée par ses prédécesseurs, visant à rompre avec ce qu'il appelle la « clochardisation » du système judiciaire, aggravée selon lui depuis l'élection d'Emmanuel Macron en 2017. L'engagement du garde des Sceaux est une promesse de changements tangibles, malgré les défis qui l'accompagnent.







