Mercredi, les députés de la commission des Lois ont donné leur approbation au projet de loi gouvernemental sur la sécurité du quotidien, connu sous le nom de Ripost. Cependant, la version adoptée a été largement modifiée par l’opposition de gauche, qui s'oppose fortement à une approche qu'elle perçoit comme étant uniquement répressive. Ce texte sera examiné dans l'hémicycle à partir du 6 juillet, mais le soutien du bloc gouvernemental sera crucial pour le passage des mesures.
D'ores et déjà adopté par le Sénat, le projet a connu plusieurs difficultés lors de son examen à l’Assemblée nationale. Bien qu'officialisant une majorité, allant du camp gouvernemental jusqu’au Rassemblement national, le texte a immédiatement perdu un article important sur l’interdiction des free parties. Actuellement, seule l'organisation de ces événements illégaux fait l'objet de sanctions contraventionnelles, mais le gouvernement propose d'ériger des infractions plus sévères : deux ans de prison et 30 000 euros d'amende pour l'organisation, et six mois d’emprisonnement avec 7 500 euros d’amende pour la participation.
Les députés ont également supprimé d'autres dispositions clés, telles que l'augmentation de l’amende en matière de consommation de stupéfiants, qui devait passer de 200 à 500 euros. Exit aussi les mesures de surveillance accrue, telles que l'utilisation de drones, particulièrement surveillées par un amendement de la France Insoumise qui en remettrait l’usage en question dans le cadre des manifestations.
Des positions variées sur la loi
Les critiques de ce texte se multiplient, le qualifiant de "texte de bric et de broc" dépourvu d'une vision claire. Marc Pena, député du Parti Socialiste, a qualifié la loi de "répressive à l'aveugle", tandis que Ian Boucard, des Républicains, a souligné que les désaccords d'hier ne détermineraient pas la décision finale.
En revanche, des mesures significatives ont été adoptées pour lutter contre les rodéos sauvages et interdire la vente de protoxyde d'azote au public, une substance dont l'usage détourné augmente malgré ses effets néfastes. Si l'opposition a vu des victoires dans ce débat, elle tient à préciser que le soutien global au projet de loi était nécessaire pour éviter un retour à la version précédente validée par le Sénat, dont les conséquences seraient jugées plus sévères.
Les opinions continuent de diverger, certains affirmant que les députés favorables au texte espéraient voir son contenu rétabli dans l'hémicycle. "Une mobilisation accrue du camp gouvernemental est essentielle pour faire face à ces décisions", a déclaré Xavier Albertini, corapporteur du texte (Horizons).







