Son dernier acte en tant que maire a été d'observer son successeur, Michel Poignonec, décrocher son premier triomphe électoral. D'une poignée de main, Patrick Pujol lui a transmis son expérience, affirmant : « Dans la méthode et la gestion des dossiers, Patrick m'a tout appris ». Leur relation rappelle celle d'un mentor à son élève, souligne Poignonec.
À 75 ans, Pujol se retire avec fierté, affirmant : « Je laisse une commune préparée à faire face à n'importe quel défi. » Il prévoit de se consacrer à ses passions pour la pêche et la lecture, en gardant un œil sur l'évolution des affaires publiques. « Regardez Trump, se regarder dans la glace en racontant n'importe quoi toute sa vie, c'est un mystère pour moi. J'ai voulu être le contraire de cela, » déclare-t-il.
Un contribuable engagé
Pujol a déménagé à Villenave à la fin des années 1980 pour travailler à l'Atelier industriel de l'aéronautique à Bordeaux. Déconcerté par ses premiers avis d'imposition, il a cherché à comprendre : « C'était plus cher qu'à Toulouse. Je voulais savoir pourquoi ! » Insatisfait des réponses reçues, il a rapidement plongé dans les rouages des finances publiques.
Son engagement politique a été amorcé en 1989, après avoir été approché par l'opposition. Il a alors pris place au conseil municipal, confronté au baron socialiste Claude Barande, occupant le poste depuis 1977. Pujol a pris les choses en main dès sa deuxième séance, épaulé par un rapport accablant de la Cour régionale des comptes.
« Il y a deux Patrick Pujol : celui qui s'emporte en séance et un homme agréable et serviable hors de la tribune », confie Patrick Bouillot, son ancien rival.
Face à une crise financière sérieuse, Pujol a utilisé la menace de l'endettement pour mobiliser son mandat. En 1994, il a défié l'augmentation des impôts pour éviter la banqueroute, une stratégie qui l'a accompagné tout au long de son parcours politique.

Les premiers mois ont été difficiles, mais avec diligence, il a établi une réputation d'honnêteté et de rigueur. Sa capacité à gérer des crises a été reconnue lors de son réélection en 2001.
Visibilité et résistance
Pujol a toujours eu à cœur de défendre Villenave contre les réorganisations institutionnelles. En 2015, il s'est battu fermement contre la loi NOTRe, arguant que cela viderait les communes de leur substance.
Son fils, Olivier Pujol, souligne : « Villenave est devenue sa raison d'être. Lorsqu'il est à la maison, il parle toujours des affaires de la commune. » Cela a parfois induit des conflits familiaux, mais Oliver évoque une fierté d'avoir un père aussi engagé.
La carrière de Patrick Pujol a été marquée par sa volonté d'être à l'écoute des habitants et ses efforts pour maintenir l'indépendance de sa commune.
Aujourd'hui, bien que Pujol ait pris du recul, son héritage demeurera indélébile à Villenave-d'Ornon.







