«Un bébé miracle» suivi de critiques acerbes. La récente annonce de Marine Tondelier, patronne des Écologistes, concernant sa grossesse à 39 ans, après une fausse couche, a suscité des réactions divisées. « Le plan com' du bébé, utiliser le bébé pour faire de la politique, j’aime pas trop ça », a commenté un chroniqueur proche d’Éric Zemmour sur RMC.
Pour mieux comprendre l'impact de la maternité sur les carrières politiques, 20 Minutes a interviewé plusieurs femmes politiques, allant des sénatrices aux députées, sur leurs défis quotidiens et le rythme exigé par leurs fonctions, souvent inadapté aux exigences familiales.
Les témoignages d'élues éclairent le débat en vidéo, en tête de cet article.
« J’ai dû quitter la réunion car j’ai perdu les eaux »
Lucile Koch (Les Écologistes), adjointe à la maire de Rennes, raconte une expérience marquante : « J’étais enceinte pendant les municipales en 2020 et, lors d'une réunion de fusion avec la liste de la maire, j’étais déjà à la maternité, ayant dû quitter la visio parce que j’ai perdu les eaux ! » Elle a amené sa fille au premier conseil municipal après sa naissance, prouvant ainsi que la maternité n'était pas à cacher.
« Quand on est maman et élue, on porte plusieurs casquettes. Ce n’est pas toujours facile et je comprends que des femmes y renoncent. »
Elle souligne aussi le manque d'adaptabilité du système français pour permettre aux élues de se sentir soutenues durant leur grossesse.
« Je suis la première sénatrice à avoir un enfant en cours de mandat »
Elsa Schalck, sénatrice LR du Bas-Rhin et mère d’un enfant né en décembre 2025, révèle : « Mes collègues ont accueilli mon annonce avec bienveillance. J’ai bénéficié de congés maternité comme tout le monde. » Malgré une gestion logistique ardue, elle essaie de concilier sa vie familiale avec son engagement politique.
« Lorsque j’ai une inauguration le dimanche en Alsace, je l’emmène également. Cela ne pose pas de problème. »
Elle témoigne d'un environnement compréhensif malgré les défis d'équilibrer sa carrière et son rôle de mère.
« J’ai choisi de prendre une vraie pause maternité »
Mathilde Hignet, députée LFI et mère de deux jeunes enfants, explique avoir décidé de prendre un congé maternité complet pour son deuxième enfant en 2025, une démarche nécessaire selon elle. Elle plaide pour une réévaluation des systèmes en place afin de faciliter la grossesse pour les élues.
« Il faudrait repenser ce système pour permettre aux femmes de pouvoir être députées tout en vivant leurs grossesses dans les meilleures conditions. »
Elle souligne que le vide laissé par une élue en congé maternité peut avoir des conséquences sur le travail en cours et appelle à moderniser les pratiques.







