"Nous sommes la France!" : samedi dernier, des milliers de citoyens se sont donnés rendez-vous à Saint-Denis pour s'opposer au racisme, à l'invitation du nouveau maire Insoumis, Bally Bagayoko. Son élection est devenue le symbole d'une lutte nationale contre la discrimination raciale.
Les slogans de résistance ont retenti alors que Bagayoko prenait la parole devant une foule enthousiaste sur le parvis de la mairie. Parmi les participants figuraient des syndicats, des associations et plusieurs figures de la gauche française, comme Jean-Luc Mélenchon et Mathilde Panot. "Nous sommes ici en grand nombre... L'extrême droite ne nous fait pas peur, cette lutte contre le racisme, nous allons la gagner!", a affirmé le maire, avant de clore l'événement par La Marseillaise dans une ambiance festive.
Malgré une campagne de haine à son encontre depuis son élection, Bally Bagayoko a dénoncé un certain nombre de médias qu'il juge "racistes". Il a même appelé à un nouveau rassemblement prévu pour le 3 mai pour poursuivre la lutte.
Des allusions dégradantes sur lui ont été relayées sur CNews, avec des comparaisons déplacées qui ont suscité outrage et indignation, notamment de la part de nombreux manifestants.
– "Un cauchemar" –
Karim, un fonctionnaire de 52 ans vivant à Livry-Gargan, a témoigné de son désespoir face aux attitudes racistes, rappelant le lourd passé colonial de la France. "Le racisme est un délit qu'on banalise", a-t-il déploré.
Jean-Luc Mélenchon a aussi exprimé son indignation, stigmatisant "une vague inacceptable de racisme" émanant des élites. Sa mise en avant des discriminations a résonné avec l'auditoire.
Des individus de tous horizons étaient présents pour témoigner, comme Kantéba Camara-Sissoko, auxiliaire de puériculture de 55 ans : "C'est un cauchemar, je suis ici pour crier ma révolte!".
Sara, jeune élève avocate de 26 ans, a également affirmé son soutien envers Bagayoko, évoquant les "attaques insupportables" qu'il a subies durant la campagne électorale.
Le maire de La Courneuve, Aly Diouara, a également interpellé le parti, l'exhortant à se ressaisir face à la situation actuelle.
Sur les réseaux sociaux, des personnalités politiques, comme le député socialiste Jérôme Guedj, ont exprimé leur soutien au rassemblement. Des slogans percutants, tels que "On veut plein de maires noirs contre la peste brune!" ont résonné, illustrant la détermination des manifestants.
Les interventions à la manifestation se sont faites écho, comme Eric Coquerel, député LFI, dénonçant un traitement discriminatoire des élus Insoumis, en particulier de couleur.
Karim, le fonctionnaire, a aussi exprimé sa déception face au peu de visibilité accordée par l'État français à ce combat contre le racisme, regrettant l'absence de la ministre Aurore Bergé.
– "Silence" de Macron –
Pour sa part, le ministre de l'Éducation nationale, Edouard Geffray, a affirmé que la place d'un ministre n’était pas dans une manifestation citoyenne, tout en clamant que le gouvernement partageait le combat. Cependant, Bagayoko a critiqué le "silence" d'Emmanuel Macron sur ces enjeux cruciaux.
L'appel à ce rassemblement a débuté sur les réseaux sociaux, en réponse aux controverses ayant émergé au cours des dernières semaines. CNews a défendu sa position contre les accusations de racisme, qualifiant ces allégations de déformées.
La situation a pris une tournure judiciaire avec l'ouverture d'une enquête par le parquet de Paris concernant des injures fondées sur l'origine ou l'ethnie, suite au dépôt de plainte de Bagayoko, qui a suggéré de fermer la chaîne incriminée.







