Alors que Donald Trump assure que les États-Unis peuvent revenir sur cette décision facilement, Thierry Breton soutient que l'avenir du détroit d'Ormuz, crucial pour le transport du gaz et du pétrole à l'échelle mondiale, est au-dessus de tout. Les Iraniens détiennent véritablement les rênes, selon lui.
"Ceux qui ont les clés, ce sont les Iraniens, qu'on le veuille ou non," déclare-t-il. "Téhéran est bien organisé et ne fait pas face à ce défi seul... Ils ont adapté leur stratégie à cette guerre asymétrique contre une superpuissance militaire. Sa préparation est exemplaire, et cela change la donne."
En dépit des récentes opérations de sauvetage menées pour un pilote américain, Breton soutient la position dominante de l'Iran. Il indique que le pays joue un rôle clé dans les négociations internationales tout en bénéficiant du soutien stratégique de pays comme la Chine.
"La Chine fournit des composants et le savoir-faire nécessaire," souligne-t-il. "Les réserves du Pentagone diminuent et Donald Trump est sous une pression considérable, notamment de la part de l'opinion publique américaine."
Le président Trump, qui devait faire une déclaration importante à 19 heures, a une fois de plus repoussé les discussions sur la réouverture du détroit. Pourtant, Thierry Breton pense que l'Iran maintient le contrôle des négociations. "Téhéran discute de passages avec des nations comme les Philippines et le Vietnam, et même la Thaïlande. Le détroit d'Ormuz, loin d'être fermé, est un point névralgique pour une diplomatie en pleine évolution autour de l'Iran," déclare-t-il.
"Cette situation a logiquement pour effet de bloquer les navires américains et alliés, provoquant la colère de Trump," ajoute-t-il. "Le président pourrait envisager des mesures extrêmes, mais cela soulève des questions éthiques sur le respect du droit international."
Enfin, Thierry Breton a salué les positions d'Emmanuel Macron pendant le conflit, insistant sur le fait que la France doit être respectée comme un allié, mais sans devenir vassale. "Nous ne sommes pas des profiteurs de cette crise énergétique, il est impératif de redistribuer équitablement les ressources," conclut-il.







