L'ancien commissaire européen Thierry Breton a exprimé des inquiétudes ce dimanche 5 avril sur la posture de l'Europe face aux États-Unis, jugeant qu'Ursula von der Leyen n'a pas su faire preuve de suffisamment de fermeté avec Donald Trump. Selon lui, l'Union doit tirer les leçons d'un monde où la confiance entre nations s'est érodée.
"Ursula von der Leyen a trop prêté l'oreille à Donald Trump", a déclaré Thierry Breton lors de son intervention sur le Grand Jury RTL - Public Sénat - Le Figaro - M6. L'ancien commissaire pour le marché intérieur a renouvelé ses critiques à l'encontre de la présidente de la Commission européenne, soulignant une volonté manifeste de la part de l'Europe de s'aligner sur les choix américains.
"L’Europe a accepté sans broncher 15 % de droits de douane unilatéraux, se retrouvant ainsi pieds et poings liés aux États-Unis, avec des achats d'hydrocarbures à hauteur de 750 milliards d'euros", a-t-il ajouté, qualifiant cette situation d'humiliante.
Bien qu'il critique ouvertement les relations prévalentes entre l'Union européenne et les États-Unis, Thierry Breton n'envisage pas une rupture. "Les États-Unis restent nos alliés," a-t-il précisé. D'après lui, dans un contexte où la confiance interétatique est mise à mal, l'Europe doit se renforcer pour établir un rapport de force équilibré avec les États-Unis, un avis également partagé par plusieurs analystes politiques.
Critique envers les États-Unis
"Nous avons 450 millions de concitoyens à protéger. En tant que démocratie et grande économie, notre seule ambition ne devrait pas être celle de devenir le vassal des États-Unis", a-t-il affirmé. Cette déclaration fait écho aux préoccupations grandissantes de nombreux Européens face à l'hégémonie américaine.
En outre, Thierry Breton a dénoncé la rhétorique belliqueuse de Donald Trump à propos du Moyen-Orient, évoquant les tensions croissantes autour de l'Iran à l'approche de l'échéance de son ultimatum. "Chaque jour, l’on se demande si nous ne nous acheminons pas vers un tournant dans cette guerre", a-t-il conclu, plaidant pour une Europe ayant une voix plus affirmée sur la scène internationale.







