A 69 ans, Dany Leprince, aujourd'hui en liberté, a passé près de 18 années derrière les barreaux. Condamné à la réclusion criminelle à perpétuité en 1997 pour avoir tué quatre membres de sa famille en 1994 dans la Sarthe, il clame son innocence depuis presque trois décennies. Jeudi dernier, la Cour de révision a examiné sa demande de nouveau procès, une requête qui pourrait bouleverser le cours de cette affaire déjà marquée par le tragique.
Le 5 septembre 1994, un drame terrible se déroule à Thorigné-sur-Dué : Christian Leprince, sa femme Brigitte et leurs deux filles, Sandra, 10 ans, et Audrey, 6 ans, sont retrouvés morts, victimes d’agressions à l’arme blanche. La seule rescapée est Solène, âgée de 2 ans. Les circonstances du crime sont troublantes : aucune effraction, mais une scène de crime d’une violence inouïe. Dany Leprince, résidant à proximité, se retrouve rapidement au cœur de l’enquête, notamment en raison des accusations portées par son épouse et sa fille aînée.
Les aveux partiels de Dany, intervenus quatre jours après le drame, sont suivis d’une rétractation. Néanmoins, les témoignages ayant abouti à sa condamnation s’avèrent déterminants. La déclaration d’une des petites filles et des témoignages accablants de son épouse ont pesé notamment lourd lors de son procès. Malgré le manque de preuves matérielles solides, la justice le condamne à perpétuité, une décision qui crée des remous au sein de son entourage familial.
Des révisions judiciaires traversées par des revirements
Dany Leprince a présenté sa première demande de révision en 2005, ouvrant la porte à de nouvelles investigations. En 2010, la Cour de révision et de réexamen conteste sa présence sur la scène du crime et suspend sa peine, lui permettant de retrouver la liberté temporairement. Cependant, cette liberté n’est pas de tout repos. En 2011, suite à un nouveau rejet de sa demande, il est renvoyé en prison, avant d’obtenir une libération conditionnelle en 2012.
Martine Compain, une coaccusée parmi les témoins
Les rebondissements continuent en 2014 lorsque Martine Compain, l'ex-épouse de Dany, est mis en cause dans le cadre d’une enquête plus large. Un témoignage au sujet de la présence d'ADN sur un couteau appartenant à Martine pourrait potentiellement l’impliquer davantage dans le drame, mais la justice ne passe pas à l’acte, malgré la montée des tensions familiales.
Des éléments nouveaux pourraient changer la donne
La défense de Dany Leprince insiste sur l'émergence de nouvelles preuves. En 2021, des révélations permettent d’interroger à nouveau les certitudes établies. Solène Leprince, la rescapée, exprime des doutes sur la culpabilité de son oncle, son témoignage plaçant une ombre sur la période qui a suivi le drame. Ses déclarations soulignent les incohérences des éléments du dossier, poussant ainsi vers une possible réouverture du procès.
Cette quête de vérité est également soutenue par le parquet de la Cour de cassation. Une telle situation est rare, mais pourrait bouleverser l'affaire Leprince. « Ce serait l'honneur de l'institution d'annuler sa condamnation pour permettre la tenue d'un nouveau procès », affirment ses avocats, prônant une justice équilibrée qui respecte l’innocence présumée.
"Il nous semble qu'il existe des faits nouveaux et des éléments inconnus de la cour d'assises de la Sarthe lorsque Dany Leprince a été condamné en 1997, de nature à faire naître un doute sur sa culpabilité."
Les avocats de Dany Leprinceà franceinfo







