La célèbre chanteuse malienne Rokia Traoré a été condamnée par le tribunal correctionnel de Bruxelles, le 6 mai dernier, à une peine de deux ans de prison avec sursis liée à un conflit de garde d'enfant. Le litige oppose la musicienne au père de sa fille, Jan Goossens, un dramaturge belge, qui se dit privé de contact avec l'enfant depuis 2019, lorsque celle-ci n'avait que quatre ans.
« Cela représente un soulagement pour M. Goossens de voir la culpabilité de Mme Traoré reconnue, ce qui est à mes yeux tout à fait légitime », a réagi l'avocat du père, Romain Delcoigne, auprès de l'AFP. En revanche, la défense de Rokia Traoré a choisi de ne faire aucun commentaire avant de discuter avec elle de la décision judiciaire. Cette dernière a la possibilité d'interjeter appel, bien que ni Traoré ni Goossens n'aient été présents lors de l'énoncé du jugement.
Des tensions juridiques croissantes
Âgée de 52 ans, Rokia Traoré avait déjà été condamnée en octobre 2023 pour "non-représentation d'enfant". Elle avait ensuite exercé son droit à faire appel, ce qui a nécessité un nouveau jugement en mars dernier. Ce conflit s'est intensifié lorsque Rokia Traoré n’a pas respecté les injonctions d'un juge de la famille, entraînant une escalade vers le judiciaire.
Depuis 2019, la justice belge a émis plusieurs mandats d'arrêt européens pour ramener la chanteuse sur le sol belge. Traoré a été arrêtée à Rome deux ans plus tôt alors qu'elle se produisait en concert. Après son extradition vers la Belgique, elle a purgé près de deux mois d'incarcération à Bruxelles.
Retrouvailles compliquées
Sa libération en janvier 2025 avait été le fruit d'un accord amiable avec le père de son enfant, contrôlé par la justice. Cet accord, bien que confidentiel, devait permettre des retrouvailles, mais, selon l'avocat de Goossens, « le contact a été superficiellement renoué, puis a disparu ». Actuellement, la petite fille pourrait vivre avec sa famille maternelle au Mali, laissant son père dans l'inquiétude.
Dans une déclaration faite à l'époque, Rokia Traoré avait exprimé le poids que cette affaire a eu sur sa carrière : « Cela a détruit ma carrière ». Les répercussions de ce conflit de garde se font ressentir bien au-delà du cadre personnel, touchant des questions plus vastes liées aux droits parentaux et aux différences culturelles, comme l'a noté Le Monde dans une analyse récente.







