Deux jeunes de Niort comparaissaient mercredi dernier devant le tribunal correctionnel pour leur rôle dans une arnaque à la carte bleue ayant concerné une quinzaine de victimes de l'agglomération. Les faits, qui se sont déroulés en septembre et octobre 2025, mettent en lumière la vulnérabilité des personnes âgées face aux nouvelles méthodes de fraude.
Recrutés via la messagerie Telegram, ces deux amis ont été séduits par un individu se faisant appeler Dave, qui leur a promis des gains rapides en jouant les coursiers. Utilisant des méthodes bien rodées, l'escroc contactait ses victimes en se faisant passer pour un conseiller bancaire. Grâce à des informations récupérées en ligne, il a pu mettre en œuvre son stratagème.
En prévenant les victimes qu'elles étaient la cible d'une arnaque, il les persuadait de remettre leurs cartes bancaires et codes secrets à des coursiers, dont les jeunes hommes faisaient partie. Présentés comme des « livraisons », ces échanges leur permettaient de récupérer les cartes pour effectuer des retraits rapides, avant de les cacher dans des lieux stratégiques de la ville. « La principale motivation était d'emballer le plus d'argent possible », souligne un expert en criminologie interrogé par Radio France.
Les enquêteurs n'ont pas tardé à retrouver les jeunes, identifiés grâce aux enregistrements des caméras de surveillance. Ils avaient en effet laissé des traces irréfutables en effectuant des achats avec les cartes volées, notamment des vêtements de marque et des consoles de jeux vidéo, à tel point qu’un des jeunes avait même utilisé son adresse postale pour garantir l’achat d'une console.
La justice a mis en lumière la naïveté des prévenus, qui n'avaient pas compris les conséquences de leurs actes. « Je ne supportais plus d'arnaquer des personnes d'un âge proche de celui de ma famille », a témoigné l'un des jeunes, révélant une prise de conscience tardive. Les victimes, choisies minutieusement par l'escroc principal, avaient toutes plus de 60 ans, et l'une d'elles a conféré une interview à un média local où elle a déclaré : « J'ai cru à un scénario fictif, mais cela m'est arrivé. »
Au final, le tribunal a été clément envers les jeunes, leur infligeant des peines avec sursis de 12 et 10 mois, assorties de l'obligation de rembourser l’intégralité des sommes dérobées. Le véritable cerveau de cette arnaque, quant à lui, demeure introuvable, continuant de causer des préjudices à des innocents. Cette affaire met en exergue la nécessité d’une vigilance accrue face à la montée des fraudes numériques.







