La question de la richesse allemande peut sembler surprenante pour la première économie de l'Union européenne. Pourtant, le chancelier Friedrich Merz s'est dit préoccupé par le système de retraite, ajoutant que les pensions ne garantiront bientôt qu'une "couverture minimale".
"Elle ne suffira plus à garantir le niveau de vie à long terme", a-t-il averti.
La problématique démographique est cruciale : une population vieillissante, associée à un faible taux de natalité, signifie qu'il y a de moins en moins de travailleurs pour soutenir le poids croissant des retraites. Cette situation est exacerbée par un ralentissement économique.
Pour faire face à ce défi, le chancelier encourage les Allemands à investir davantage, notamment par le biais de placements en capital. Il souhaite que ses compatriotes construisent un patrimoine net, y compris financier.
Les Allemands ont moins de patrimoine que les Grecs
Contrairement aux idées reçues, le patrimoine médian des Allemands est relativement faible comparé à leur niveau de revenu élevé. Selon une étude de Bloomberg, le patrimoine net médian s'établit à seulement 127 000 euros en 2025, inférieur à celui des Grecs qui se chiffre à 131 000 euros, d'après les statistiques de la BCE. En revanche, les Français affichent un patrimoine médian supérieur à 184 000 euros, soutenu par une forte culture de l'investissement immobilier.
Comme souligné par le média Tagesschau, les Allemands privilégient les comptes d'épargne à faibles intérêts, ce qui, en période d'inflation, peut entraîner une perte de valeur réelle de leurs économies. À l'inverse, les Américains tendent à investir plus dans des actifs financiers.
Cependant, une évolution semble se profiler. En effet, selon une enquête de Postbank, la part des Allemands détenant des actions a crû de 27 % en 2023 à 34 % en 2025.
En outre, la majorité des Allemands ne s'engagent pas dans l'investissement immobilier, ce qui éclaire également leur faible patrimoine médian.
L'Allemagne, un pays de locataires
Avec seulement 47 % de propriétaires, l'Allemagne est le pays de l'UE où les locataires sont majoritaires. En comparaison, la France affiche 61 % de propriétaires, tandis que la moyenne de l'UE frôle les 70 %.
Cette distinction s'explique par des facteurs économiques, réglementaires et culturels. Après la Seconde Guerre mondiale, l'Allemagne a massivement privilégié la construction de logements locatifs, contrairement à la France, qui a favorisé l'accession à la propriété grâce à des prêts à taux zéro.
De plus, le contexte culturel joue également un rôle prépondérant. D'après le site touteleurope.eu, "la propriété est associée à la sécurité dans le sud et l’est de l’Europe, tandis que la location est valorisée pour la flexibilité dans le nord et l’ouest."
Un pays inégalitaire
Ce patrimoine médian modeste est révélateur d'inégalités au sein de la société allemande. En effet, le coefficient de Gini indique une concentration de richesse au sein d'une petite fraction de la population, avec une note de 0,68 en Allemagne, tandis que la moyenne dans d'autres pays développés est souvent inférieure, comme le souligne le rapport Global Wealth Report 2025 de UBS.
Ce constat soulève la question d'une taxation des plus riches pour financer un système de protection sociale indispensable au pays. Lars Klingbei, vice-chancelier et représentant du parti social-démocrate, alerte sur la nécessité de réformer le système fiscal pour encourager le travail, tout en proposant de diminuer les impôts pour 95 % des travailleurs et d'augmenter ceux des plus riches.







