Olivier, 57 ans, a récemment appris la nouvelle dévastatrice de son licenciement, lui et 250 de ses collègues. Employé à la verrerie Arc à Arques (Pas-de-Calais) depuis 1985, il se retrouve dans une situation précaire au milieu d'une restructuration imposée par Timothée Durand, le nouveau repreneur de l'entreprise. La nouvelle gestion prévoit de faire fonctionner l'usine avec 2700 employés maximum, entraînant désormais la perte de 700 emplois au total.
"J'ai la rage, la haine" déclare Olivier, qui a partagé son désespoir sur sa page Facebook après avoir reçu la mauvaise nouvelle. Il se souvient du temps où l'usine comptait jusqu'à 12 000 employés, se remémorant des jours où le cristal était encore produit et où l'ambiance était conviviale. "Je pensais faire toute ma carrière ici; c'était une évidence ! Mon grand-père, mes sœurs, ma mère y travaillaient déjà. Aujourd'hui, c’est comme être jeté comme un objet usé, ça fait mal", confie-t-il au micro de ICI Nord.
La pilule est dure à avaler
C'est avec beaucoup d'émotion qu'Olivier raconte comment il a reçu l'annonce de son licenciement, de la bouche d'un responsable des ressources humaines. Il passe son dernier jour à l'usine sans savoir quel avenir l'attend. "Je suis rentré à Arc le 9 septembre 1985, j'avais 16 ans. Pensant pouvoir y finir ma carrière, jamais je n'aurais imaginé cela !", souligne-t-il. Malgré des semaines de doutes et d'incertitudes, ce moment reste incroyablement difficile à accepter.
Se tourner vers l'avenir
Olivier, en contemplant son avenir, pense particulièrement à ses jeunes collègues qui, comme lui, font face à des défis incertains. "J'ai 57 ans, la retraite est proche pour moi. Mais comment vont faire les jeunes qui ont des responsabilités familiales ?" s'interroge-t-il. Il partage aussi ses inquiétudes pour les collègues restants, espérant que Timothée Durand, malgré le contexte économique difficile et la guerre en Ukraine, réussisse à stabiliser l’entreprise.
"Je souhaite à Timothée Durand de tenir ses promesses. Il aura besoin de tout le courage du monde", ajoute Olivier. En attendant, il envisage de se réorienter professionnellement, bien qu'il souhaite d'abord prendre le temps de digérer cette épreuve, soutenu par sa famille.







