Vendredi, le tribunal de commerce de Tourcoing a donné son feu vert à la reprise de la verrerie Arc par Timothée Durand, un descendant de la famille fondatrice. Cependant, cette renaissance s'accompagne d'une note amère : 700 emplois sont en danger.
La décision a été communiquée par écrit en début d'après-midi aux parties concernées, offrant un nouvel espoir pour cette entreprise bicentenaire, mais à quel coût pour les employés ? M. Durand a exprimé sa fierté de renouer avec l'entreprise familiale, affirmant que son objectif serait de préserver cet héritage à travers l'innovation et l'excellence.
En 2024, Arc a enregistré un chiffre d'affaires de 688 millions d'euros, mais la société est en proie à des pertes chroniques, surtout en France, où elle a accusé une perte nette de 32 millions d'euros selon les rapports financiers. Le plan de sauvegarde de l'emploi (PSE), validé par les syndicats le 10 mars dernier, prévoit un impact significatif sur le site d'Arques, où travaillent actuellement 3 500 salariés.
Les conditions exactes des départs n'ont pas encore été clarifiées, laissant les employés dans l'incertitude. Cette démarche vise à éviter la liquidation de l'usine historique, qui portera désormais le nom de "Verrerie Arc 1825". Néanmoins, ce changement ne sera pas sans griefs, comme l'indiquent les responsables syndicaux.
Frédéric Specque, délégué syndical CGT, a exprimé sa frustration face à l'absence de soutien de l'État, soulignant que l'option présentée aux travailleurs était "cela ou rien". La réaction des salariés est mitigée, certains ressentent un profond dégoût face à la situation. "Le couperet est assez violent", a déclaré Corinne Guenez de la CFE-CGC.
Pour Timothée Durand, âgé de 49 ans, la nécessité de rationaliser la production est indiscutable. "Je suis réaliste", a-t-il déclaré à l'AFP, insistant sur le besoin de redimensionner l'usine d'Arques selon les volumes qu'elle peut gérer.
Durand, qui a quitté Arc en 2024 après une première tentative d'acquisition, prévoit d’injecter 50 millions d’euros dans la société, avec l'aide financière de Matthieu Leclercq, l’ex-patron de Decathlon. Malgré son historique en tant que leader mondial des verres de table, le groupe fait face à des défis croissants, notamment en raison des impacts de la guerre en Ukraine et d'une concurrence accrue.
Depuis le début des années 2000, le personnel d'Arques a été réduit de près de deux tiers, et l'entreprise a nécessité de multiples renflouements de la part de l'État. Les récentes fluctuations du marché de l'énergie et l'effet des conflits dans le Moyen-Orient n'ont fait qu'aggraver la situation. M. Specque craint qu'un plan plus audacieux n'eût été une meilleure solution, redoutant une possible "spirale infernale" de suppressions de postes à l'avenir.







