Des millions de Français sont touchés par des maladies bucco-dentaires, mais la prévention manque encore de structure au niveau national. Olivier Lafarge, président du COMIDENT, exhorte à mettre en place une stratégie audacieuse pour mieux prévenir ces pathologies et assurer la sécurité des dispositifs médicaux utilisés par les praticiens.
Le COMIDENT représente actuellement plus de 160 entreprises dans le domaine de la santé bucco-dentaire, générant environ 6 600 emplois et un chiffre d'affaires global de 2,2 milliards d'euros. Son rôle est double : soutenir les entreprises qui développent les outils cruciaux pour les professionnels et valoriser l'expertise locale en santé bucco-dentaire.
Depuis 2005, la France n'a plus de stratégie nationale claire pour la santé bucco-dentaire, laissant les évolutions se faire sans vision cohérente. Cela soulève des préoccupations majeures, car une réflexion est actuellement engagée par les autorités pour créer une nouvelle feuille de route. Sans direction claire, nous risquons de privilégier des soins curatifs au détriment de la prévention, pourtant essentielle pour diminuer l'impact des maladies bucco-dentaires sur la santé globale.
Une étude commandée par Astérès et l'Association Dentaire Française révèle que près de 19 millions de Français souffrent de maladies parodontales. Ces affections, au-delà de la sphère bucco-dentaire, sont liées à des problèmes de santé comme le diabète et les maladies cardiovasculaires, engendrant un coût de 807 millions d'euros par an pour l'Assurance maladie.
Il est crucial d'inciter les Français à visiter régulièrement leur dentiste et à adopter des habitudes saines en matière d'hygiène buccale. Cela passe également par l'amélioration de l'organisation des cabinets dentaires pour intégrer davantage la prévention dans leur pratique quotidienne. Les avancées technologiques et le matériel médical jouent un rôle fondamental dans cette transformation.
Les fabricants européens doivent respecter des normes strictes grâce au règlement européen MDR (Medical Device Regulation), nécessitant d'importants investissements pour assurer la conformité. En revanche, certains matériels dentaires non conformes se retrouvent sur des plateformes comme Alibaba ou Amazon, ce qui pose un risque sanitaire. Ces produits ne respectent pas les normes de sécurité, comme l'indique le COMIDENT.
Une inquiétude majeure réside dans la méconnaissance des praticiens concernant la conformité des produits. Beaucoup sont persuadés d’acheter des dispositifs conformes alors que ce n’est pas toujours le cas, notamment en raison de la confusion avec le marquage CE et d'un logo similaire, "China Export". Ces ambiguïtés augmentent le risque d'utiliser des produits non sécurisés.
Pour garantir la sécurité des soins, il est impératif que les praticiens achètent via des distributeurs agréés et que des contrôles renforcés soient effectifs sur ces circuits de vente. La concurrence déloyale provenant de fabricants qui abusent des réglementations constitue un défi important.
De plus, les laboratoires de prothèses dentaires ont besoin d'être soutenus pour absorber leurs lourds investissements, afin de maintenir leur compétitivité. La transparence sur l'origine des prothèses et des matériaux utilisés est également primordiale, bien que souvent peu claire dans les devis remis aux patients.
Le COMIDENT est là pour soutenir les fabricants et distributeurs d'équipements médicaux essentiels pour les praticiens. En œuvrant pour le respect des normes et une approche plus préventive, l’organisation souhaite transformer la santé bucco-dentaire en un enjeu de santé public forçant une action immédiate.







