La renaissance délicate du verrier Arc : un avenir incertain

La reprise d'Arc s'accompagne d'un lourd plan social, préoccupant pour les salariés.
La renaissance délicate du verrier Arc : un avenir incertain

Ce vendredi, la justice pourrait donner son feu vert à la reprise tant attendue du verrier Arc, menée par Timothée Durand, héritier d'une lignée de dirigeants emblématiques. Toutefois, derrière ce retour se cache une réalité difficile : 700 suppressions de postes sont à prévoir.

Le tribunal de commerce de Tourcoing n'organisera pas d'audience pour ce délibéré crucial, qui sera notifié par écrit aux parties concernées. Un plan de sauvegarde de l'emploi (PSE), validé par les syndicats d'Arc France en mars dernier, est vital pour la reprise du groupe, entré en redressement judiciaire en janvier.

Ce PSE, condition sine qua non pour la relance du groupe, envisage des réductions de personnel sur le site d'Arques, actuellement comptant 3 500 employés. La répartition exacte entre départs volontaires et licenciements inscrits n'est pas encore définie.

Bien que cette reprise soit perçue comme un moyen d'éviter la disparition d'une entreprise bicentenaire du Pas-de-Calais, les employés accueillent la nouvelle avec amertume. "C'est soit ça, soit rien", résume Frédéric Specque, représentant syndical CGT, qui souligne que la situation est d'autant plus compliquée en l'absence d'aide substantielle de l'État pour encourager les départs volontaires.

"Le couperet est assez violent", partage également Corinne Guenez (CFE-CGC), pointant la perte de compétences clés et les impacts négatifs sur les jeunes employés, touchés par les critères de licenciement.

Timothée Durand, qui avait déjà tenté de revenir à la tête d'Arc, s'était exprimé auprès de l'AFP sur la nécessité de redimensionner l'entreprise pour faire face aux réalités du marché. Son projet inclut un investissement de 50 millions d'euros, soutenu par Matthieu Leclercq, ancien dirigeant de Decathlon.

Fondé comme un leader mondial des arts de la table depuis le XXe siècle, Arc a subi une réduction significative de ses effectifs, qui ont été presque divisés par trois depuis les années 2000, en raison de l'augmentation des coûts de l'énergie et de la pression concurrentielle, notamment en provenance de Chine. L'entreprise a également été affectée par la récente guerre en Ukraine et les instabilités géopolitiques au Moyen-Orient, suscitant des inquiétudes quant à une possible hausse des prix de l'énergie dans les années à venir.

"Avec ces événements, les perspectives ne sont pas toutes brillantes", s'inquiète M. Specque, qui appelle à un plan plus ambitieux et innovant pour Arc afin d'éviter une spirale infernale de nouvelles suppressions de postes.

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