La ferme agrivoltaïque de l'Oise en ligne de mire : entre espoir et contestation

Un projet ambitieux, mais des doutes persistants : l'avenir de la ferme agrivoltaïque incertain.
La ferme agrivoltaïque de l'Oise en ligne de mire : entre espoir et contestation
Depuis 2024, les habitants de Versigny et Rosières sont mobilisés contre un projet de ferme agrivoltaïque de 53 ha baptisé Greenlight Valois. (Archives) LP/Stéphanie Forestier

Le tribunal administratif d’Amiens a accordé un délai de sept mois au préfet de l’Oise et au promoteur TTR Energy pour corriger le permis de construire relatif à la ferme agrivoltaïque, un projet controversé de 72 000 panneaux solaires sur 53 hectares de terre agricole, situé entre Versigny et Rosières.

« Pour le moment, la bataille est encore ouverte », déclare Sandrine Flouré, membre du collectif Citoyens engagés dans la défense du pays du Valois. Elle souligne que la voix des villageois continue de s'élever contre cette gigantesque installation photovoltaïque, qui coexisterait avec des cultures et un élevage ovin. Comme rapporté par Le Parisien, ce combat se poursuit désormais dans les arènes judiciaires.

Il y a deux ans, les communautés locales avaient exprimé une vive opposition à la perspective d’une ferme agrivoltaïque. En dépit des inquiétudes des habitants, le point de vue de l'enquête publique en décembre 2024 avait favorisé le projet, conduisant la préfecture à émettre un arrêté d’autorisation.

Le 15 janvier 2026, la commune de Versigny, soutenue par cinq associations et des habitants, a engagé une procédure auprès du tribunal administratif pour contester l’autorisation de la préfecture. Selon le tribunal, il a effectivement été constaté que le préfet avait outrepassé ses compétences en matière d’approbation de permis, une situation d’autant plus complexe suite à l’entrée en vigueur d’une nouvelle loi favorable à ce type de projets.

« C’est inadmissible »

« Le tribunal a reconnu l’illégalité du permis accordé par le préfet, mais la législation a changé entre-temps », s’indigne Sandrine Flouré. Les doutes sur l’impact environnemental demeurent, notamment concernant la nature des panneaux et l'étude d'impact. De plus, les interactions potentielles entre le nouveau séchoir et la faune, ainsi que les dangers encourus pour les chauves-souris, sont d'autres points soulevés par les habitants.

Les critiques vont dans le sens d’un projet qui pourrait transformer le paysage local et avoir des conséquences sur la biodiversité, notamment en attirant des insectes et des chauves-souris sur des panneaux photovoltaïques.

« On ne se laissera pas faire »

Malgré les réserves des résidents, le tribunal a jugé que le projet contribuait aux besoins énergétiques locaux, capable de fournir de l'électricité à environ 15 000 citoyens. Selon la préfecture, toutes les autorisations ont été respectées, et une analyse des décision du tribunal est en cours.

Les opposants, de leur côté, s'inquiètent que le délai accordé au promoteur soit insuffisant pour une remise en question approfondie du projet. « Pour nous, c’est tout le projet qui aurait dû être annulé », ajoute Sandrine. Elle insiste sur l’idée que, si le permis est finalement validé, un appel sera nécessaire. « Nous ne nous laisserons pas faire. »

Léopold Santerre-Filleux d’Arrantieres, chef de projet chez TTR Energy, se montre confiant et perçoit la décision du tribunal comme une validation de la cohérence du dossier avec les enjeux du territoire, tout en acceptant de renforcer certains points du projet.

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