Une enquête menée par Ifop pour la Fondation pour l’Enfance, publiée ce lundi, met en lumière une tendance troublante : près de 20 % des jeunes âgés de 8 à 15 ans consultent des écrans dès le réveil. De surcroît, deux tiers des parents admettent recourir aux écrans pour occuper leurs enfants durant leurs propres activités.
Cette étude soulève la question de la nécessité d'une plus grande régulation. Une majorité de parents confirme qu'ils autorisent ou proposent les écrans pour divertir leurs enfants, souvent en l'absence d'autres alternatives. Selon le baromètre Ifop, 71 % des parents proposent systématiquement des outils numériques lorsque les conditions extérieures empêchent les sorties.
65 % des parents perçoivent les écrans comme une récompense
Dans les lieux publics ou lors d'attentes, 61 % des parents dégainent des écrans, souvent sous la pression de leurs enfants (57 %) ou pour apaiser des situations tendues (49 %). Un chiffre préoccupant : 65 % de ces parents utilisent l’accès aux écrans comme un moyen de récompenser un bon comportement.
Sur le plan des attentes des enfants, 55 % d'entre eux admettent avoir recours aux écrans par ennui. D'après l'enquête relayée par Franceinfo, un enfant sur cinq utilise un écran dès le matin, et 30 % d'entre eux en font de même avant de se coucher.
Il est à noter que presque tous les parents interrogés (94 %) affirment avoir mis en place au moins une règle concernant l'utilisation des écrans, notamment en ce qui concerne le moment, la durée et le type de contenu regardé.
L’étude a été réalisée en ligne du 1er au 10 décembre 2025, impliquant 1 001 parents d’enfants aged 8 à 15 ans. À la suite de cette enquête, 953 enfants ont également participé, après consentement des parents. Ce travail survient dans un contexte où le débat sur l'usage des écrans et leur impact sur la santé mentale des jeunes est plus que jamais d'actualité.
Face à cette problématique croissante, le gouvernement envisage d’interdire l'accès aux réseaux sociaux pour les moins de 15 ans dès la rentrée scolaire de septembre, afin de protéger les jeunes des effets néfastes comme le cyberharcèlement ou le manque de sommeil.
Enfin, l'absence d'alternatives de jeu avait déjà été soulignée par la commission écrans, qui a recommandé dans son rapport 2024 l'aménagement d'espaces de jeux dans des lieux publics variés afin de favoriser des alternatives saines pour les enfants.







