Environ 168 employés de l'entreprise Durisotti France à Sallaumines se trouvent dans une situation précaire suite à la décision, prise le 7 mai par le tribunal de commerce d'Arras, de les placer en redressement judiciaire. Parallèlement, le site de Metz, comptant 8 salariés, a été liquidé. Cette entreprise, spécialisée dans la transformation de véhicules utilitaires pour les forces de l'ordre et d'autres clients, fait face à une crise aiguë.
Le tribunal d'Arras a décidé d'intervenir après que la direction a signalé des difficultés persistantes. Les ateliers de Sallaumines sont désormais presque vides et les employés sont en chômage partiel, avec des salaires du mois d'avril non réglés. De véritables tensions se sont manifestées lors de l'audience, où une cinquantaine de salariés ont exprimé leur mécontentement devant le tribunal, clairement inquiets pour leur avenir professionnel.
Une société dans une impasse de trésorerie
Marie Desprez, directrice générale de GTE Automotive, propriétaire de Durisotti depuis deux ans, a fait l'objet de vives critiques de la part des salariés à son arrivée. Bien qu'elle n'ait pas voulu faire de déclarations après l'audience, son avocat, Maître Vincent Speder, a tenté d'éclaircir la situation. Il a souligné que l'objectif de la direction est de sauver Durisotti, mais que pour l'heure, les comptes sont à sec. Une salariée a même rétorqué : "Sur les nôtres non plus", traduisant le profond désarroi des employés.
Le manque de liquidités s'explique par des paiements en retard de plusieurs clients, rendant la situation encore plus critique. Jean Nöel Pottez, délégué CGT, a fait part de l’indignation des salariés en affirmant qu’ils ne souhaitent plus collaborer avec GTE Automotive, aillant à ses yeux, entaché la réputation de Durisotti. Grâce au placement en redressement judiciaire, un mandataire et un administrateur judiciaire vont pouvoir activer des mécanismes garantissant le paiement des salaires en souffrance, assurant ainsi une certaine sécurité à court terme pour les employés.
Pour le moment, les portes de l'entreprise restent closes, mais une réouverture semble envisageable à brève échéance. Le tribunal de commerce mettra en place une période d'observation pour évaluer précisément la situation de Durisotti. Selon Maître Speder, des perspectives de renflouement à travers des injections possibles de capitaux de la part des actionnaires de GTE Automotive ne sont pas à exclure, bien que le spectre de licenciements éventuels plane sur l’entreprise.







