Rachida Dati, ancienne fortement associée à Nicolas Sarkozy et aujourd'hui proche du couple Macron, essuie une défaite significative lors des élections municipales à Paris. Malgré une détermination indéfectible et une campagne sans concessions, son manque de succès reste flagrant, alors qu'elle se prépare à affronter un procès pour corruption en septembre prochain.
Son précédent échec en 2020 contre Anne Hidalgo, ancienne alliée devenue adversaire, a semblé marquer un tournant. Âgée de 60 ans, Dati a été battue une fois de plus par Emmanuel Grégoire, représentant d'une gauche unie, éloignant encore davantage ses aspirations politiques.
Un premier tour décevant avec 25,46 % des voix a porté un coup dur à Dati. La maire du VIIe arrondissement, réélue à plusieurs reprises depuis 2008, n'a pas pu bénéficier des voix de l'électorat centriste, malgré une alliance avec Pierre-Yves Bournazel, dont le retrait a été perçu comme une surprise.

Rachida Dati, fille de parents marocains et algériens, a grandi à Chalon-sur-Saône au sein d'une grande fratrie. Présentée comme l'incarnation de la méritocratie républicaine, elle avait été propulsée ministre de la Justice par Nicolas Sarkozy en 2007, devenant ainsi une figure marquante de la politique française.
Bien qu'ayant récemment été nommée ministre de la Culture avec la bénédiction d'Emmanuel Macron, offrant à Dati une nouvelle visibilité médiatique, elle n'a pas réussi à faire passer une réforme cruciale de l'audiovisuel public. Sa candidature à la mairie était synonyme d'un "combat de sa vie", alors que le climat politique de la ville restait gelé, 25 ans après la victoire historique de Bertrand Delanoë, mettant un terme à la domination de la droite.
Philippe Moreau-Chevrolet, professeur à Sciences Po, analyse la campagne de Dati comme « inégale », notant une forte dynamique initiale qui a été interrompue par l’entrée en lice de Sarah Knafo. Cette instabilité a entravé son ascension politique malgré un soutien parfois fervent de ses partisans qui la désignent comme une "battante".
Cependant, Dati est critiquée pour son côté clivant, même au sein de la droite parisienne, où de nombreux opposants la considèrent comme une figure de controverse. Son rival Bournazel avait préféré un candidat plus apaisé, dénonçant la nature "violente" de sa campagne, tandis que Bertrand Delanoë évoquait ses méthodes comme « brutales ».
Les critiques se multiplient également quant à ses déclarations polémiques sur Emmanuel Grégoire, qu’elle a accusé d'horribles allégations sans fondement. Sa réticence à débattre devant ses électeurs témoigne d'une stratégie plus que contestable.
À l'horizon, un procès pour corruption et trafic d'influence se profile pour Rachida Dati, prévue pour septembre. Accusée d'avoir reçu 900 000 euros d'une filiale de Renault-Nissan pour un lobbying illégal, ces allégations pourraient lui coûter son poste actuel dans le VIIe arrondissement, un secteur clé de la capitale. Elle risque jusqu'à dix ans de prison et cinq ans d'inéligibilité, ce qui représenterait un coup dure pour une carrière déjà tumultueuse.







