Dimanche soir, le dépouillement des votes aux législatives slovènes place le parti libéral du Premier ministre sortant, Robert Golob, en concurrence directe avec le Parti démocratique slovène (SDS) de l'ancien Premier ministre pro-Trump, Janez Jansa. Les deux formations affichent chacune environ 28 % des voix, marquant un résultat très serré.
D'autres partis pourraient envisager une entrée au parlement, mais personne ne semble en mesure d'atteindre la majorité absolue des 90 sièges. Le bloc de droite est cependant plus significatif, augmentant les enjeux pour les alliances possibles. Uros Esihneed, journaliste au quotidien Delo, souligne : "L'écart sera très restreint. Le parti Resnica, connu pour ses opinions europhobes et prorusses, pourrait jouer un rôle clé dans cette élection."
Il ajoute : "Cependant, gouverner avec un parti populiste peut créer des tensions et de l’instabilité," pressentant que sa durée de vie serait potentiellement limitée. En dépit de sondages désavantageux, Robert Golob, 59 ans, a réussi à réduire l'écart avec d'importantes mesures sociales, telles que la revalorisation des retraites, renforcées par un contexte international favorable.
La guerre en Ukraine a fourni une plateforme de critique pour les partis de gauche dans un contexte où M. Jansa, aligné avec Donald Trump, a dû adopter une position plus prudente. L'ancien Premier ministre, âgé de 67 ans, a promis durant sa campagne de s'opposer à certaines ONG et d'explorer une nationalisation partielle des services de santé, tout en mettant en avant des valeurs traditionnelles slovènes et le retour à des "valeurs familiales".
Lors de son précédent mandat, de 2020 à 2022, il a souvent été en conflit avec l’UE et a été critiqué pour ses tentatives de contrôler les médias, attisant des inquiétudes quant à une dérive illibérale. Sa gestion de la pandémie de Covid-19, qualifiée d'autoritaire, a provoqué des manifestations massives, ouvrant la voie à la victoire de Golob lors des dernières élections.
Au sein d’une coalition de centre-gauche, Golob, ancien dirigeant d'une entreprise du secteur énergétique, a mis en avant un programme d'inclusion sociale, permettant notamment le mariage et l'adoption pour les couples de même sexe. Lors d'un récent débat, il a déclaré : "Le choix est clair pour ceux qui aiment la Slovénie sous le soleil de la liberté".
Des inquiétudes économiques persistent chez les électeurs, comme en témoigne Anica Vranjak, retraitée, qui a exprimé ses craintes concernant l'avenir des retraites face à l'incertitude politique.
À l’international, Golob a fermement critiqué la guerre de la Russie contre l'Ukraine et a reconnu l'État palestinien, des positions qui restent relativement communes avec celles de Jansa. La fin de la campagne a été marquée par des allégations de corruption impliquant la société israélienne Black Cube, soupçonnée d'influencer l'élection en faveur de Jansa.
Bien que Jansa ait reconnu avoir rencontré un responsable de Black Cube, il a fermement nié toute implication dans le scandale.







