Dans cette chronique du magazine « Week-End » de « Sud Ouest », Beata Umubyeyi Mairesse, autrice franco-rwandaise, nous emmène à la découverte de l'île du Lido, loin des clichés du cabaret parisien que son nom évoque. Ici, nous parlons d'une expérience unique sur l'île qui sépare la lagune de Venise des eaux de la mer Adriatique.
Récemment, une résidence d'écriture dans une petite maison d'édition vénitienne m'a donné l'occasion de visiter cet endroit emblématique. Plutôt que de suivre les traces de Thomas Mann ou de Visconti, j'ai voulu échapper aux foules de touristes qui envahissent Venise pour les selfies de carnaval. Mes roues m'ont rapidement emmenée au sud du Lido, où se trouve Malamocco, le village natal de Hugo Pratt, célèbre auteur de bande dessinée.
Une fois sur l'île, il était évident que la location d'un vélo était l'idéal pour découvrir les environs. Le Grand Hôtel des Bains, qui a inspiré Mann pour son roman « Mort à Venise », attend toujours sa rénovation. Étonnamment, la ville était sereine, à peine troublée par le chant des mouettes devant le Palais du cinéma.
Avec mon vélo, j'ai longé le lagon jusqu'à San Nicolò, savourant le silence et l'absence de véhicules, un fait rare à Venise. Le témoignage de mon éditeur italien, qui connaissait bien Pratt, m'a inspiré à chercher sa maison à Malamocco. Le soir venu, Luca m'a régalé d'anecdotes sur la vie fascinante de cet artiste, mais il n'avait jamais vu Pratt à vélo. En rentrant à Bordeaux, j'ai feuilleté ses aventures dans l'espoir d'y dénicher une image de lui sur un vélo, mais sans succès.







