Dans toute la France, les bibliothèques sonores offrent aux personnes ayant des difficultés de lecture l'accès à des livres sous format audio. Parmi les centaines d'établissements, cinq se trouvent dans la région Hauts-de-France, dont celle de Lille, qui compte plus de 700 bénéficiaires. Ces bibliothèques se mettent à l'écoute des besoins de leurs utilisateurs pour leur fournir les ouvrages désirés.
Un lien maintenu avec la culture
Jean-Louis Delvas, passionné d'histoire, reçoit chaque semaine des revues audio, et attend avec impatience leur arrivée. "Cela me permet de continuer à me cultiver. J'apprécie l'authenticité des voix, c'est plus vivant qu'une voix de synthèse", explique-t-il. Ces retours soulignent l'importance de l'émotion dans le récit, une dimension que les bénévoles s'efforcent d'incarner.
Nicole Pramondon, une bénévole et formatrice de voix, partage son expertise : "On peut utiliser des gestes pour capter le ton juste. La modulation de la voix est essentielle, sans tomber dans le théâtre". Elle rappelle aussi que l'engagement est conséquent : enregistrer un tome d'Harry Potter peut demander jusqu'à 90 heures de travail.
Une présence qui peut changer une vie
Les livres audio ont un impact significatif sur la vie de leurs bénéficiaires. Charles Wannebroucq, président de la bibliothèque sonore de Lille, raconte l'histoire d'une bénéficiaire ayant perdu la vue. "Elle est toujours aussi passionnée de lecture, et grâce à notre travail, elle peut continuer à partager ses recommandations et rêve même de créer un club de lecture!"
Ces ouvrages ne sont pas uniquement réservés à ceux qui ne voient pas. Ils soutiennent aussi les personnes dyslexiques ou les enfants qui rencontrent des difficultés de lecture. Claudine Barideau, présidente nationale de l'association des Donneurs de Voix, souligne leur rôle vital dans le quotidien des familles. "Nos services sont sollicités, notamment dans les hôpitaux, où des patients en chimiothérapie peuvent avoir des difficultés à lire".
La bibliothèque sonore de Lille encourage la participation de ceux qui souhaitent s'impliquer, que ce soit par l'enregistrement de livres, la gestion des réseaux sociaux ou l'organisation d'activités avec des institutions spécialisées. Aucune contrainte de temps n'existe. L'essentiel est de redonner le plaisir de la lecture aux lecteurs empêchés.







