À l'occasion de la Journée internationale des droits des femmes, Priscilla Schneider, directrice du Quai des lumières à Frontignan, partage son point de vue avec Midi Libre. Elle souligne l'importance de discuter des violences faites aux femmes et des inégalités de genre lors de soirées débat, tout en rappelant que la sensibilisation ne doit pas se limiter à une seule date.
Quel est l'enjeu de cette journée pour vous ?
Cette journée est essentielle, mais elle ne doit pas faire oublier les actions menées tout au long de l'année sur la condition des femmes à travers le prisme cinématographique. Nous devons continuer à organiser des débats qui éclairent cette réalité.
Comment percevez-vous la représentation des femmes au cinéma aujourd'hui ?
Les femmes commencent à récupérer un espace significatif dans l'industrie du cinéma, mais le chemin reste long. Les financements dédiés aux films réalisés par des femmes sont encore inférieurs à ceux accordés aux hommes. Pourtant, en observant les récents César, il y a une amélioration notable avec une reconnaissance équitable entre hommes et femmes.
Un César peut-il suffire à faire avancer la cause des femmes ?
Recevoir un prix représente une belle reconnaissance et contribue à établir une égalité dans le milieu. Les films et les projections au cinéma jouent un rôle crucial pour dire aux femmes, et aussi aux hommes victimes de violences, qu'ils ne sont pas seuls et qu'ils peuvent trouver de l'aide.
Le cinéma est-il un véritable lieu d'échange sur ces sujets ?
Nous n'avons jamais idée de l'audience présente dans une salle de cinéma. Les événements comme les soirées débat sont indispensables. Chacun connaît quelqu'un qui se débat avec un mal-être dans sa vie personnelle.
Quelle est votre vision du mouvement MeToo ?
Le phénomène MeToo a été révélateur de l'emprise entretenue sur les femmes, notamment sur les plateaux de tournage. Dans un secteur où le silence était souvent la norme par peur de perdre son emploi, ceux qui s'expriment peuvent être perçus comme une menace.
Pouvons-nous raisonnablement espérer un changement durable ?
Il est crucial de persévérer. Bien que les voix s'élèvent, la défense des droits reste complexe juridiquement. Le chemin à parcourir est encore long, mais chaque démarche est un acte de courage. Les réseaux sociaux offrent une plateforme précieuse pour faire entendre ces voix.
Pour vous, comment a débuté votre aventure dans le septième art ?
J'ai dû travailler ardemment pour me faire un nom dans l'industrie cinématographique. Mon parcours est éloigné des traditions artistiques, car mes parents n'évoluaient pas dans ce domaine.
Une semaine dans une bulle
Et bientôt, c'est le festival de Cannes, un grand moment ?
Oui, je vais y passer une semaine. Avant Cannes, je participerai aux Rencontres du Sud à Avignon, où je fais partie du jury pour la première fois. C'est une véritable reconnaissance de mon travail.
Une belle récompense, en effet ?
Absolument ! Je me réjouis à l'idée de plonger dans cette "bulle" cinématographique, avec des projections et des échanges enrichissants avec mes collègues.







