La famille d'Adama Traoré a essuyé un nouveau revers juridique, avec la confirmation par la Cour de cassation du non-lieu en faveur des gendarmes, une décision désormais définitive. Les plus hauts magistrats français ont rejeté tous les arguments avancés par les proches de la victime, mettant ainsi un terme aux espoirs de justice en France.
Lors d'une audience récente, Assa Traoré, la sœur d'Adama, a exprimé sa profonde désapprobation : « Cette décision est scandaleuse et démontre l'ampleur des violences policières ainsi que le racisme systémique ancré dans notre justice ». Sa réaction fait écho à un sentiment partagé par de nombreuses voix critiques à travers le pays, particulièrement dans le contexte social actuel.
Un appel à la CEDH
Dès la sortie du tribunal, Me Yassine Bouzrou, l'avocat de la famille, a annoncé son intention de saisir la Cour européenne des droits de l'Homme afin de faire reconnaître ce qu'ils considèrent comme une violation des droits fondamentaux. « Notre objectif est de faire pression sur les autorités françaises pour qu'elles soient tenues responsables », a-t-il déclaré.
Le non-lieu qui protège les trois gendarmes impliqués dans l'interpellation d'Adama Traoré, un jeune homme noir décédé dans des circonstances controversées après une course-poursuite en juillet 2016, continue de soulever des passions. Adama, alors âgé de 24 ans, avait été arrêté dans le cadre d'une opération visant à appréhender son frère, mais sa mort, deux heures plus tard, a suscité une indignation croissante dans la société, exacerbée par les mouvements sociaux récents. Le climat de tension et de méfiance envers les institutions judiciaires s'est intensifié, incitant des centaines de personnes à se mobiliser à plusieurs reprises pour demander justice.
À l'heure où les questions sur les violences policières et l'égalité raciale sont plus importantes que jamais en France, l'affaire d'Adama Traoré reste emblématique des défis à surmonter. Comme l'a souligné un sociologue contacté par France Info, « C'est un tournant pour la communauté, un appel à la prise de conscience et à la modification des pratiques judiciaires. »
La suite de cette affaire, notamment la réponse de la CEDH, pourra contribuer à façonner l'avenir du débat sur la justice et les droits civiques en France.







