Ce mercredi 11 février, la Cour de cassation doit rendre un verdict sur la possible relance de l'enquête sur la mort d'Adama Traoré, survenue à 24 ans après son interpellation par des gendarmes. Les avocats de la famille ont saisi cette juridiction suprême après qu'un non-lieu a été confirmé par la cour d'appel en 2024.
Pour la famille d'Adama Traoré, cette audience représente un moment décisif après dix ans de lutte. La plus haute instance judiciaire doit statuer sur l'annulation du non-lieu prononcé en leur faveur en août 2023 et confirmé l'année suivante. L'affaire, devenue symbole de la lutte contre les violences policières, pourrait être relancée si la Cour estime que des erreurs ont été commises dans la procédure judiciaire.
Le parquet général a requis le rejet du pourvoi
Lors de l’audience du 17 décembre 2025, le parquet général a demandé le rejet du pourvoi familial, comme rapporté par l’AFP. Si la Cour était d'accord, cela signifierait la fin d'une décennie de procédures judiciaires autour de cette affaire.
Les avocats des gendarmes se sont montrés convaincus que le juge rapporteur a été favorable à leur cause, conseillant de rejeter de nombreux arguments des parties civiles, et l'avocat général a exprimé son soutien à la confirmation du non-lieu.
La famille accuse depuis le début les forces de l'ordre d'avoir contribué à la mort d'Adama lors de son interpellation, notamment en pratiquant un plaquage ventral durant plusieurs minutes. Le traitement qui a suivi, avec un manque d'assistance médicale alors que le jeune homme avait perdu connaissance, soulève des questions critiques sur la conduite des gendarmes.
Des expertises médicales, commandées soit par la justice soit par la famille, sont en désaccord sur les causes du décès. La difficulté à établir la cause principale, qu'elle soit liée à des pathologies antérieures, un coup de chaleur, ou un manque d'oxygène, a embrouillé cette affaire déjà complexe.
Une instruction qualifiée de chaotique
Méthode Mathonnet, avocat de la famille, a déclaré à l’AFP que « l’instruction a été chaotique et déséquilibrée, manquant d'expertises essentielles, si bien que des investigations privées étaient nécessaires ». Il a ajouté que l'absence de reconstitution des faits a rendu l'instruction incomplète.
Le comité « Vérité pour Adama » a prévu de rassembler ses soutiens ce mercredi, réaffirmant leur détermination. Assa Traoré, sœur de la victime, a promis que s'il le fallait, ils se présenteraient devant la Cour européenne des droits de l’homme pour obtenir justice.
Ce cas représente bien plus qu'une simple affaire judiciaire. Il est le reflet des luttes contemporaines contre les violences exercées par les forces de l'ordre en France et attire l'attention de nombreuses organisations de défense des droits de l'homme.







