Des actions jugées « peu probantes ». C'est ainsi qu'un courrier daté du 17 juin dernier a annoncé au Planning familial de Gironde que la subvention de 160 000 euros, versée depuis quinze ans, ne serait pas renouvelée. L'agence régionale de santé (ARS) a indiqué que cette coupure risquait de compromettre l'avenir de l'association, représentant un tiers de son budget total (32%) et l'équivalent de quatre emplois vitaux, alors que l'équipe ne compte que sept salariés.
Face à cette décision, jugée « choquante et violente », l'association a tiré la sonnette d'alarme sur ses missions cruciales, notamment alors que les violences sexistes et sexuelles persistent. Alors que l'État promeut l'éducation affective, relationnelle et sexuelle (EVARS), la ministre d'État chargée de l'Égalité entre les femmes et les hommes, Aurore Bergé, s'est engagée à ne pas laisser la situation dégénérer. Après un tollé général, l’ARS a décidé de revenir sur sa décision initiale et a rétabli le financement pour cette année. Une réunion est prévue sous peu avec la préfecture pour discuter des solutions durables à envisager.
De nombreuses associations se trouvent aujourd'hui en péril.
Reconnu pour son écoute et son aide précieuse, le Planning familial est sauvé, mais reste dans l'incertitude. Toutefois, une condition demeure : la nécessité d'apporter des résultats mesurables et des statistiques concrètes pour préserver les financements futurs. Cette tendance à la bureaucratisation des actions associatives, où la productivité devient un impératif, risque entraîner d'autres coupes budgétaires catastrophiques pour de nombreuses organisations, moins connues mais tout aussi essentielles.
Des cas comme celui d'Entr-Autres, une association bordelaise active dans le quartier de Saint-Michel, illustrent dramatiquement cette réalité. Malgré l'engagement d'une centaine de bénévoles et des résultats concrets pour les jeunes en difficulté, l'association a récemment fermé ses portes, déclarée en liquidation judiciaire faute de financements. Son histoire tragique met en lumière les lacunes systémiques de notre approche vis-à-vis des associations qui œuvrent quotidiennement au service public et dont l'absence peut avoir des conséquences dévastatrices sur le terrain.







