Avec des températures "exceptionnellement élevées" dans 54 départements placés en vigilance rouge par Météo-France, plus de la moitié des Français ressentent l'impact d'une canicule qui entraîne la fermeture d'écoles, l'annulation de trains et la révision des horaires de travail.
Les populations les plus vulnérables sont les plus touchées. Deux jeunes enfants, âgés de 2 et 4 ans, ont été tragiquement retrouvés morts lundi dans leur voiture à Carpentras (Vaucluse), le parquet indiquant que la canicule était la piste privilégiée de cette tragédie.
Dimanche, trois personnes âgées ont perdu la vie dans la région de la Gironde en raison de ces températures extrêmes. En outre, la Sécurité civile a rapporté que plusieurs noyades ont été enregistrées au cours du week-end.
Cette canicule, qui fait suite à une première vague en mai, se distingue par son intensité “exceptionnelle”, comparable à celle d'août 2003, qui avait causé environ 15 000 décès en France, mais sa durée reste incertaine, prévient Météo-France.
Les records de chaleur nocturne ont été battus à Tours (24,8°C) et à Poitiers (24,6°C), tandis que les températures diurnes devraient atteindre entre 36°C et 43°C à travers le pays. Une accalmie n'est pas attendue avant la fin de la semaine.
Avec l'ajout récent de départements tels que le Calvados et la Manche à la vigilance rouge, plus de 90 % de la population française est désormais exposée à des chaleurs extrêmes, un fait sans précédent.
"On est obligés de subir, on n'a pas le choix", confie un gardien d'immeuble à Bobigny (Seine-Saint-Denis), qui essaye d'échapper à la chaleur étouffante en sortant dès qu'il le peut.
- Plus de 1.300 écoles fermées -
La canicule perturbe gravement la scolarité, avec 1.352 écoles et collèges fermés ce lundi, et 4.042 établissements fonctionnant selon des horaires modifiés, comme l'a rapporté le ministère de l'Éducation nationale.
À Bayonne (Pyrénées-Atlantiques), de nombreux élèves sont accueillis dans des espaces climatisés tels que le stade de rugby. Justine, une mère divorcée de Bordeaux, se relaye avec des voisins pour s'assurer que son fils ne reste pas trop longtemps au soleil.
Alors que certains examens du baccalauréat ont été reportés, des milliers d'élèves continuent à passer leurs épreuves sous une chaleur accablante. L'Île-de-France a annoncé un budget d'un million d'euros pour équiper 500 lycées avec des ventilateurs et brumisateurs.
Les sans-abri souffrent également de cette chaleur intense. Florent, un SDF de 58 ans, a exprimé ses préoccupations : "Si c'est comme ça tout l'été, ça va être compliqué".
Bien que le nombre d'appels aux services d'urgence ait fortement augmenté, la ministre de la Santé, Stéphanie Rist, a indiqué que ces derniers ne sont pas en tension, ce qui a été confirmé par plusieurs professionnels du secteur.
- "Éviter" le train -
Les autorités ont également pris des mesures concernant les chantiers extérieurs, qui peuvent désormais commencer plus tôt pour éviter la chaleur. À Bordeaux, Théo, un jeune peintre en bâtiment, fait des pauses régulières et boit beaucoup d'eau pour faire face à la situation.
Sur le réseau ferroviaire, le PDG de la SNCF, Jean Castex, a conseillé aux passagers vulnérables d'éviter de prendre le train, après que 10 % des trains ont été supprimés en Île-de-France pour des raisons de sécurité. À la gare Saint-Charles à Marseille, la région a mis en place des distributions de matériel de protection contre la chaleur pour les voyageurs.
Les températures élevées provoquent également un risque accru d'incendie, avec une sécheresse qui menace la végétation et engendre des feux de cultures dans 17 départements. Les conditions sont également alarmantes dans d'autres pays européens, tels que le Royaume-Uni, la Croatie, le Portugal et l'Espagne.
Des experts avertissent que le changement climatique exacerbe ces phénomènes météorologiques extrêmes, la France devant faire face à un réchauffement moyen de 2,7°C d'ici 2050, selon les projections scientifiques.







