Selon l'étude, répondre à un message ou consulter les réseaux sociaux pendant un moment de jeu avec son enfant est le quotidien de nombreux parents. Réalisée en partenariat avec l'Observatoire santé Pro Btp, cette enquête révèle que, bien que les parents soient conscients des effets néfastes des écrans sur leurs enfants, beaucoup sous-estiment l'impact de leur propre comportement numérique.
Ce terme de technoférence désigne le phénomène par lequel les parents, en utilisant leurs écrans en présence de leurs enfants, réduisent leur disponibilité cognitive et émotionnelle, ainsi que la qualité des échanges interpersonnels, comme l'indique l'étude. Elle montre notamment que 55 % des parents d'enfants de moins de cinq ans souffrent d'un niveau élevé de technoférence.
Une disponibilité cognitive réduite
'Je souhaite être pleinement présente avec mes enfants', confie Laura Sims, une mère de quatre enfants vivant à Saint-Avertin. 'Mais je ressens une culpabilité constante d'utiliser mon téléphone. C'est presque impossible de s'en passer,' ajoute-t-elle, évoquant les attentes de communication et la nécessité de capturer des moments par photo.
Ce phénomène de technoférence, qui reste largement méconnu parmi les parents, est pourtant jugé 'préjudiciable' pour les jeunes enfants. Marie Danet, spécialiste en psychologie du développement à l'université de Lille et co-auteur de l'étude, souligne que 'la petite enfance est une période cruciale pour le développement, et la qualité des interactions parent-enfant joue un rôle prépondérant.' Cette période est également celle où la technoférence se manifeste le plus intensément.
L'enquête met également en lumière un déficit d'information parmi les parents concernant les conséquences de leurs interactions numériques. Les chercheurs plaident pour que la réduction de la technoférence figure parmi les priorités des politiques de prévention, au même titre que la régulation du temps passé devant les écrans par les enfants.







