Le préfet de la Somme a récemment annoncé que le projet de data center et de campus au Bosquel sera réalisé d'ici 2031, positionnant la région comme un acteur clé dans le domaine de l'intelligence artificielle et des supercalculateurs. Toutefois, les nouvelles ne sont pas toutes réjouissantes pour les acteurs des travaux publics.
C'est en effet la question des retards de paiement qui préoccupe le secteur, comme le montre un baromètre publié par la Fédération Régionale des Travaux Publics (FRTP) des Hauts-de-France. Selon cette étude, les entreprises partenaires font face à d'énormes difficultés avec près de 125 mauvais payeurs identifiés, entraînant un manque à gagner de 301 millions d'euros pour les entreprises concernées.
Le rapport classifie les collectivités selon leur ponctualité dans les paiements. La communauté d'agglomération de la Baie de Somme figure parmi les plus mauvais élèves, affichant un délai moyen de 63 jours pour effectuer les paiements, dépassant ainsi le délai légal de 30 jours. "Il existe néanmoins des collectivités exemplaires, comme le département de la Somme, l'Oise et la ville d'Amiens", affirme Frédérique Pissionnier, président de la FRTP dans la région.
Une situation intenable
Ces délais de paiement créent une pression financière considérable sur les entreprises de travaux publics. "Au-delà de 30 jours, ces entreprises doivent s'acquitter des salaires, des cotisations Urssaf, et de leurs fournisseurs, mettant à mal leur trésorerie", souligne Frédérique Pissionnier, qui condamne l'inaction de certaines collectivités face à cette crise.
Pour la troisième fois consécutive, le baromètre témoigne d'une détérioration de la situation, en dépit des efforts déployés par certaines collectivités. En 2024, les retards avaient déjà augmenté de 71% et le nombre de mauvais payeurs est passé de 76 à 125 en une année. "Nous espérons vraiment une amélioration lors du prochain baromètre", conclut Pissionnier, soulignant la nécessité d'un engagement collectif pour résoudre cette problématique.







