Dans un contexte de tensions croissantes, six détenus de la prison de Condé-sur-Sarthe, située dans l'Orne, ont décidé de porter plainte pour des faits de violence et de harcèlement moral. Ces plaintes mettent en lumière des comportements jugés 'humiliants' par les plaignants, qui affichent des préoccupations quant aux pratiques des surveillants. L'administration pénitentiaire affirme être en attente des décisions de la justice concernant cette affaire.
Les détenus, tous incarcérés au Quartier de lutte contre la criminalité organisée (QLCO), dépeignent un environnement dégradant. Ce quartier, créé pour enrayer le narcotrafic en incarcérant des criminels notoires, pourrait être le théâtre d'abus systématiques, selon des témoignages recueillis par ICI Normandie. Les autorités pénitentiaires ont mis en place ces structures pour éviter la continuité des trafics depuis la prison, mais les conditions de vie y semblent détériorées.
Les détenus rapportent une gestion brutale de la part des surveillants, soulignant un climat de peur et d'intimidation. L'avocate Marie Violleau, qui représente les plaignants, évoque une situation 'inadmissible'. Elle décrit des agents 'cagoulés', ce qui renforce l'angoisse parmi la population carcérale. Selon elle, ces surveillants se permettent d'agir sans diplomatie, instaurant un rapport de force perpétuel avec les détenus.
Violleau avance que 'ces surveillants sont brutaux, virulents, et péremptoires'. Les plaintes déposées au pénal, contrairement aux recours administratifs précédents restés sans réponse, visent à faire face à ce qu'elle considère comme une politique de déshumanisation. 'Ils se comportent comme s'ils devaient plier les détenus à leurs volontés, créant ainsi des tensions qui pourraient avoir des conséquences dramatiques à long terme', insiste-t-elle.
Les exemples d'abus sont nombreux : refus de visites pour des retards minimes, promesses non tenues de loisirs, et restrictions dans les appels, notamment aux heures où les familles ne peuvent pas répondre. Ces comportements, affirme l'avocate, sont sources de frustration extrême chez les détenus. 'Il ne faut pas s'étonner si, une fois libérés, ils ne retournent pas à la société avec un comportement sain', prévient-elle, attirant l'attention sur les ramifications psychologiques de cette situation.
En revanche, l'administration pénitentiaire défend sa position, affirmant que les surveillants en poste sont des professionnels expérimentés, formés pour gérer des détenus difficiles. Selon leurs déclarations, 'les pratiques appliquées respectent les procédures institutionnelles' et il est souligné que les interventions sont toujours menées par plusieurs agents.







